Accueil > Les RV de la recherche > Colloques internationaux > Le moment rural : ruralités en transitions

16 et 17 septembre 2021

Appel à communication
Le moment rural : ruralités en transitions
16 et 17 septembre 2021
Cermosem - le Pradel 07170 MIRABEL

Alors qu’en Europe les mouvements de population engagés depuis la campagne vers les villes ont massivement structuré, notamment depuis le 19e siècle, la manière de penser l’espace national, la société française et ses dynamiques, la période en cours renouvelle la problématique. En effet, bien qu’un certain rééquilibrage soit à l’œuvre depuis les années 1970 en France, l’usage de l’expression “exode urbain” nommé dès les années 1980 (Guérin, 1980) s’amplifie, tout du moins symboliquement. La “plouc pride” (Jousseaume, 2020) est en marche alors même que la réalité et l’interprétation du phénomène restent encore largement à discuter. Dans d’autres pays, plus au sud, au Maroc par exemple, les campagnes et les arrière-pays restent des régions assez fortement peuplées, même si le taux d’urbanisation a doublé entre 1960 (29,1%) et 2014 (60,3%). La crise de la Covid semble renforcer le mouvement de migrations résidentielles vers les campagnes au Nord et l’impulser au Sud, avec le retour au village imposé lorsqu’il n’y a plus de travail en ville. Ainsi, une diversité de situations, nationales et internationales justifient une mise en regard. Lieu d’accueil de nombreux urbains aisés, notamment franciliens, à l’occasion des confinements, la ruralité est aussi un lieu d’habiter pérenne dont le désir ne se dément pas (Hervieu, Viard, 1980). Et si la proximité métropolitaine est encore beaucoup recherchée, des choix de vie poussent des individus à s’installer plus loin. Ainsi, de nombreux arrière-pays ont vu leur trajectoire bifurquer (Aderghal et al, 2017), les périphéries parfois marginalisées sont devenues des marges recherchées. Pour autant, de nombreux espaces ruraux sont restés en dehors de ce renouveau des campagnes et de cette quête de nouvelles ruralités. L’harmonisation des approches statistiques au niveau européen a conduit en novembre 2020 à un nouveau redécoupage qui, à l’occasion d’un comité interministériel de la ruralité, a validé une nouvelle cartographie faisant bondir la part de ruraux à plus de 30% de la population. Cet exode rural a commencé dès le 12e siècle et surtout à partir du 16e siècle avec le mouvement des enclosures en Angleterre. Ainsi, alors que la mesure de l’attraction urbaine a justifié ces dernières décennies plusieurs évolutions du zonage de l’INSEE, la densité (de population), ici pensée depuis le faible, apparaît et bouscule les représentations d’une France quasi totalement acquise à l’urbanité. Ces changements s’ancrent dans différentes logiques émergentes ou structurantes qui traversent ces territoires depuis quelques décennies et se renforcent toujours plus. Ici aussi, les différences Nord/Sud sont assez significatives et appellent à des regards croisés. Les migrations d’agrément (Martin et al., 2012), la transition touristique (Bourdeau, 2015), ou récréative (Corneloup, 2017), offrent aux territoires ruraux une nouvelle attractivité. Les enjeux
de transition écologique (Juan, 2011 ; Buclet, 2011), agricole et agri-alimentaire (Lamine, 2009), productive (Talandier, Davezies, 2011), ou mobilitaire (Kaufmann, 2019) traversent ces territoires et engagent de nouvelles relations inter-territoriales (Vanier, 2008). Parallèlement, alors que l’émergence d’une société de la connaissance renforce les processus de métropolisation, la transition numérique change le rapport à l’habiter. Les territoires ruraux apparaissent ainsi porteurs de nombreux changements et innovations. Sur le plan politique, la succession de lois de décentralisation a entraîné une recomposition des relations de pouvoirs qui n’a pas toujours été suivie d’une réelle prise d’autonomie des collectivités territoriales. Socialement, les trajectoires territoriales rurales divergent. Entre les territoires fortement attractifs mais porteurs de prémices de gentrification rurale (Philipps, 1993) et les territoires en difficulté, une diversité de profils émerge. Ces situations différenciées se traduisent par une marqueterie territoriale (Landel et al., 2017). En réponse, de nombreuses innovations sociales tentent d’exister et de se structurer et participent parfois à la transformation des dynamiques de ces territoires (Fourny, 2018). D’autres se saisissent des questions de genre (Louargant, 2015) ou de jeunesse (Poudray et al., 2018 ; Coquard, 2019) pour faciliter aux habitants la possibilité d’entreprendre ou de rester (Rouvière, 2015). Ainsi, il nous paraît nécessaire d’engager une nouvelle réflexion sur la place de la ruralité dans le monde d’après”. Alors que nous avons largement questionné la différenciation et ses modalités (Pecqueur, 2005 ; Michon, 2020), la dispersion au-delà des périphéries métropolitaines et ses conséquences (Kotkin, - voir ses premiers travaux sur le sujet - 2019), un autre moment rural serait-il venu ? Ou plus précisément, ce moment rural ne traverserait il pas finalement toute la société de part en part ? La notion de “moment” questionné ici au sens géographique permet d’interroger à la fois la temporalité du phénomène (approche diachronique) mais aussi sa capacité à infléchir des trajectoires (approche synchronique). L’idée de transversalité nous oblige à raisonner de manière systémique pour éviter les oppositions stériles entre villes et campagnes. Si ce que nous pourrions qualifier de “moment rural” parcourt de nombreux pays occidentaux, il semble se déployer plus largement et toucher, de façon certes très différente, les pays des Suds. Ainsi, engager un regard croisé entre les Suds et les Nords apparaît pertinent. Pour accueillir cette réflexion, différents thèmes sont proposés. Ils précisent les orientations souhaitées mais n’épuisent pas les réflexions et ne sont pas limitatifs.

Thème 1 : Penser le monde depuis la ruralité

Thème 2 : Transition récréative et nouvelles résidentialités

Thème 3 : Habiter et travailler dans les espaces ruraux, ou l’enjeu d’une reconnexion
productivo-résidentielle des espaces.
Modalités de soumission :
Les propositions peuvent être transmises par courrier électronique jusqu’au 15 juin 2021 à :
momentrural gmail.com
La réception de chaque proposition donnera lieu à un accusé de réception par courriel.
La proposition livrée en fichier attaché (titré « nom de l’auteur_cermosem_2021 ») aux formats rtf, doc ou odt, sera composée de 2 parties :
● Un résumé de la communication de 3 000 signes maximum, espaces compris ;
● Une courte biographie du (des) auteur(s), une page maximum.
Dates à retenir :
Date limite de soumission : 15 juin 2021.
Notification d’acceptation des propositions : 7 juillet 2021.
Colloque : 16 et 17 septembre 2021.
Remise des textes complets pour publication (30 000 signes maximum) : avant le 20
décembre 2021.
Le colloque est organisé par et au Cermosem, antenne du laboratoire de sciences sociales Pacte et de l’Institut d’Urbanisme et de Géographie Alpine, Université Grenoble Alpes en Ardèche, en lien avec le Laboratoire Mixte International Mediter.
La participation du LITOPAD au colloque s’inscrit dans le cadre du projet IK /2018/02
« Dynamiques territoriales, gouvernance, développement et structuration des espaces dans les régions en situation périphérique au Maroc ». Programme Ibn Khaldoun d’appui à la recherche scientifique dans le domaine des sciences humaines et sociales-CNRST-Maroc.

Les RV de la recherche

Agenda

OSU IRD Logo Labex Med MedLabex Fédération ECCOREV Mediter

Top