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Plateforme « Collections » du LPED

L’AMU dispose de collections de botanique et de zoologie conservées depuis plus de deux siècles. Ces collections sont toujours utilisées pour l’enseignement et la recherche et des collectes régulières viennent enrichir ce patrimoine.

Gérées au sein du pôle transversal « Observatoires et Plateformes » du LPED, ces collections se composent d’un herbier d’environ 300 000 échantillons, de l’ancien Musée Colonial de Marseille qui regroupe des plantes utiles à l’homme et d’une collection de zoologie comprenant plusieurs milliers d’échantillons de vertébrés, d’invertébrés dont des gastéropodes terrestres.

Accéder de manière simple aux informations (répartition, phénologie, date…) contenues dans ces collections s’avère indispensable pour les études menées en systématique et en écologie. C’est pour cela que les collections sont intégrées dans les programmes d’inventaires nationaux et internationaux. Les données sont référencées au sein du GBIF (Global Biodiversity Information Facility) et son en en cours de numérisation dans le programme national E-RecolNat.

La plateforme collections collabore aussi activement avec le Muséum National d’Histoire Naturelle, le Muséum d’Histoire Naturelle de Toulon et de Marseille ainsi que les Herbiers de Kew et de Genève. Elle est également intégrée dans le Réseau Régional des Muséums d’Histoire Naturelle et le Réseau National des Herbiers de France.

Un descriptif du contenu des collections est proposé ci-dessous.

Les herbiers

Au début du XIXe siècle, avec la création à Marseille d’un Jardin Botanique Public, débute la constitution de « l’herbier de la Faculté des Sciences », aujourd’hui référencé sous le sigle MARS (Index Herbariorum). Un impressionnant réseau d’échanges se met alors en place et l’ensemble des éminents botanistes de l’époque contribua à cette réalisation. Au fil du temps, les herbiers se sont considérablement enrichis par des legs successifs.

Ces collections reflètent :

  • l’Histoire de Marseille : port ouvert sur l’extérieur, et en particulier à travers ses échanges privilégiés avec les anciens territoires français d’outre-mer,
  • la compétence et le rayonnement international des naturalistes provençaux du début du XIXe siècle,
  • la grande richesse floristique des régions SUD (ex-PACA) et Corse.

Aujourd’hui cette collection, renferme plusieurs herbiers prestigieux et historiques du XIXe siècle (herbiers Castagne, Ardoino et Roux) qui correspondent aux premières flores « modernes », un immense Herbier Général du Monde, et l’Herbier de France, Suisse et Belgique. Cette collection renferme également divers herbiers témoignant du passé colonial de la France (Antilles, Madagascar, La Réunion, Afrique Orientale Française…) et des récoltes récentes réalisées sur le pourtour Méditerranéen.

Les herbiers sont divisés en deux grands ensembles :

Les herbiers évolutifs

Ce sont ceux dans lesquels on intercale régulièrement de nouveaux échantillons. Ils sont au nombre de six :

Herbier général du monde

L’Herbier Général du Monde fut initié vers 1820, par JL. Castagne pour la Faculté des Sciences de Marseille. Pour le constituer, il utilisa son vaste réseau de connaissances. Ainsi, dans cet herbier figurent les récoltes des plus grands noms de la botanique française et mondiale de l’époque : Roux, Hanry, Boissier, Requien, Perrier, Piaget, Kralik, Timbal-La-Grave, Jordan, Moggridge, Bentham…

A lui seul, il compte 343 casiers, 350 familles, 2700 genres et plus de 35 000 espèces différentes souvent représentées par de nombreuses parts. Des ajouts réguliers y sont effectués.

1. Carpobrotus acinaciformis © P. Lafaite (MNHN, Paris), 2. Monsonia morsamederoïs, 3. Althaea officinalis, 4. Valeriana officinalis © B. Vila

Herbier de France, Suisse et Belgique

Provenant d’une maison bourgeoise située à Auriol (Bouches-du-Rhône), cet herbier de France et des pays limitrophes fut fondé sur l’important herbier L. Samat.

Les différents taxons de la flore vasculaire (familles, genres, espèces et variétés) y sont classés et numérotés selon le catalogue de Camus (1888). Il comporte de très nombreuses récoltes du sud de la France. Récemment, il s’est enrichi des récoltes de la Sarthe de l’Herbier H. Pialot et celles de France de J. Zaffran. Dans cet herbier évolutif, des ajouts sont régulièrement réalisés. Il comporte aujourd’hui 218 liasses.

Angelica silvatica © B. Vila

Herbier de la région Méditerranéenne (Corse incluse)

Il a récemment été réorganisé à partir de l’herbier P. Blanc suivant l’ordre du catalogue de la flore de Provence de H. Roux.

Il comprend les récoltes de Th. Derbez (auteur d’un herbier de référence pour la réalisation de la flore de Basses-Alpes), de Saint-Yves accompagnés de dessins relatifs à l’anatomie des échantillons de Fétuques, de Litardière (flore de Corse et graminées), de L. Castagne (auteur du premier catalogue des plantes vasculaires des Bouches-du-Rhône), de P. Cousturier, d’Autheman, de P. Blanc, J. Guérin, A. Davin, G. Vidal, EJ. Neyraut, L. Girod, E. Reverchon, Bruyas... Cet herbier renferme également des récoltes effectuées par J. Contandriopoulos et ses collaborateurs lors de différentes missions dans la région méditerranéenne française (Var et Alpes-Maritimes notamment).
Cette collection de recherche, très souvent consultée, est régulièrement enrichie par de nouvelles récoltes et des legs.

Les derniers herbiers incorporés sont ceux de H. Pialot, J. Zaffran et les récentes missions du laboratoire de Saint-Charles (notamment les monographies des Arundo, Phragmites et Ludwigia…). Ainsi, cette collection renferme les espèces rares et menacées ou endémiques des Alpes-Maritimes jusqu’aux Pyrénées Orientales en passant par la Provence siliceuse et calcaire, le Languedoc et les Cévennes.

Le Sud de la France et en particulier le Sud-Est constituent les zones de plus forte biodiversité du territoire national, sur lequel pèsent de fortes menaces anthropiques. De ce fait, cet herbier conserve de nombreuses espèces parmi les plus menacées, et plusieurs autres aujourd’hui disparues (tout particulièrement messicoles, de zones humides et littorales). On peut aussi y trouver les premières références de nombreux taxons devenus invasifs de nos jours (Ludwigia, Carpobrotus par exemple).

Cette collection présente donc un très grand intérêt scientifique et historique pour le patrimoine botanique Français et les recherches scientifiques menées sur la flore méditerranéenne française. Il se compose de 115 liasses.

Arthemisia Absinthinum © B. Vila

Herbier de cytogénétique

Portant sur la flore méditerranéenne, cet herbier a été récemment mise en forme à partir des nombreux échantillons témoins correspondant aux travaux et récoltes de chercheurs de l’ancien Laboratoire de Cytotaxonomie végétale et de l’actuelle équipe travaillant en caryologie.

Cet herbier est informatisé et les données relatives entièrement accessibles via le portail Gbif. Ainsi, les nombres chromosomiques sont facilement consultables tout comme les témoins herbiers, support de ces cytotypes référencés. Il comporte actuellement un peu plus de 1000 échantillons référencés.

L’intérêt de cette collection réside dans la recherche des relations, souvent étroites, entre les différents cytotypes, leur morphologie, leur distribution biogéographique et l’histoire de la région considérée. Dans le Bassin Méditerranéen, les migrations et les mélanges de flores associés aux pulsations climatiques du Quaternaire ont joué un rôle majeur sur la végétation. Cet herbier comporte les collections de Juliette Contandriopoulos (1922-2011), pionnière de la caryologie en France et dont les travaux ont portés sur l’endémisme et les Campanulaceae du bassin méditerranéen jusqu’au Moyent-Orient. Il contient également les récoltes de Régine Verlaque qui prit sa relève en travaillant sur les Dipsacaceae et les problèmes de conservation de la biodiversité (messicoles, invasives, endémiques) toujours au sein du bassin méditerranéen, hot-spot de biodiversité mondiale.

D’une manière générale, grâce à cet herbier on peut aborder les thématiques de recherche liées à la flore de Provence, à l’endémisme insulaire méditerranéen et à la biodiversité (espèces invasives, endémiques, rares…).
Cet herbier comporte plusieurs monographies telles que :

  • les Campanulaceae, les Globularia et les Sideritis étudiées par J. Contandriopoulos,
  • les Hypericum étudiés par C. Reynaud,
  • les Dipsacaceae étudiées par R. Verlaque,
  • les Arundo et les Phragmites étudiés par L. Hardion, B. Vila et R. Verlaque,
  • la flore de Provence calcaire étudiée par M. Seidenbinder et R. Verlaque,
  • la flore de Corse, Provence siliceuse étudiée par J. Contandriopoulos et A. Aboucaya,
  • la flore des Alpes-Maritimes et du Var étudiée par R. Verlaque, B. Vila, A. Aboucaya,
  • les espèces invasives (Ludwigia, Carpobrotus…) étudiées par R. Verlaque,
  • les Genista étudiés par M. Seidenbinder et R. Verlaque.

Michausia laevigata © B. Vila

Herbier général de lichens

Il résulte de la fusion des lichens de l’herbier général de la Faculté des Sciences de Marseille avec celui d’A. de Taxis auxquels ont été adjoints divers herbiers. Plusieurs petits herbiers doivent encore être fusionnés.

Les récoltes issues de l’herbier général de la Faculté des Sciences de Marseille concernent essentiellement la France et datent du 19e siècle tandis que les récoltes issues de l’Herbier A. de Taxis datent du début du 20e siècle et concernent essentiellement des récoltes provençales.

Cet herbier général de lichens est informatisé et les données relatives seront prochainement accessibles via le portail Gbif.

1. Nephromium laevigatum, 2. Squanamaria aleurites, 3. Peltigera resigrinata © A. Onno

Herbier général des bryophytes

Il a pour base de constitution les échantillons de Bryophytes de l’herbier général de la Faculté des Sciences de Marseille. Divers petits herbiers indépendants y seront prochainement intégrés.

Les récoltes issues de l’herbier général de la Faculté des Sciences de Marseille, datant du 19e siècle, concernent essentiellement la France (Sud-Est et Calvados), mais également la Guadeloupe.

Informatisé, il comprend actuellement environ 1400 références. Il sera prochainement accessible via le portail Gbif.

1. Hypnum filicinum, 2. Hypnum lycopodioïdes, 3. En haut : Hypnum illecedonum, en bas : Barbula convoluta © A. Onno

Les herbiers historiques

Conservés dans leur format original, ces herbiers suivent le classement de leur auteur. Ils sont souvent étroitement liés à un ou des ouvrage(s) relatif(s) à la flore correspondante. Ils peuvent être classés en deux grandes entités géographiques :

Les herbiers de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur :

Herbier Castagne des Bouches-du-Rhône, France

Cet herbier historique, longtemps considéré comme détruit ou perdu, est en fait intégralement conservé dans nos collections. En bon état, il se compose de 31 casiers de Phanérogames et de 6 casiers de Cryptogames, essentiellement des champignons (rouilles notamment), dont 3 restent indéterminés. Son classement suit l’ordre de l’ouvrage de L. Castagne (1785-1858) : le « Catalogue des plantes qui croissent naturellement aux environs de Marseille » et son supplément (Castagne 1845, 1851) qui constituent le premier inventaire de la région.

Cet herbier est constitué de récoltes issues des Bouches-du-Rhône et plus particulièrement des alentours de sa propriété de Montaud à Miramas. D’autres échantillons de L. Castagne, provenant des environs de Constantinople, figurent au sein de l’Herbier général. Parmi les spécimens « types » présents dans l’Herbier L. Castagne, nous citerons deux exemples :

  • Gouffeia arenaria Robillard et Castagne : paléoendémique de Provence en forte régression, étroitement inféodée aux rocailles et éboulis des Bouches-du-Rhône et du Var. Ce genre monospécifique fut dédié à son ami le directeur du Jardin Botanique public de Marseille : le chevalier de La Cour Gouffé.
  • Colchicum longifolium Castagne : taxon longtemps oublié, ou inclus dans le groupe ouest méditerranéen C. neapolitanum Ten., qui vient d’être réhabilité en 2007.

Mais on doit également à L. Castagne d’autres espèces nouvelles comme Linaria rubrifolia, Ajuga pseudo-iva, Silene brachypetala et Bupleurum glaucum.

Colchicum longifolium © P. Lafaite (MNHN, Paris)

Herbier H. Roux, Provence, France

Honoré Roux (1812-1892) fut Président honoraire de la Société d’Horticulture et de Botanique et directeur adjoint du Jardin botanique de Marseille.

Il se consacrât à l’histoire naturelle en étudiant les Lépidoptères, la géologie et surtout la botanique en Provence. Personne ne connaissait aussi bien que lui la flore des Bouches-du-Rhône, dont il a distribué à divers botanistes des échantillons des espèces les plus remarquables. Il a constitué un herbier comportant plus de 7000 taxons très tassés dans 70 casiers et rangées selon la numérotation de son cahier personnel.

Outre les nombreux échantillons qu’il échangea avec les plus grands botanistes de l’époque (Jordan, Henry, Reuter, Duval-Jouve, Schultz, Billot…), cet herbier contient les plantes récoltées par Roux lui-même et ses amis du « cercle des racines » (Blaize, Coste, Pathier, Derbès, Davin, Peuzin et Autheman, Legré et Reynier).

Cette collection a servi de base à la publication d’un ouvrage majeur  : « Le Catalogue des plantes de Provence » (1881 et son supplément en 1889). Ce livre irremplaçable demeure toujours le seul à traiter l’ensemble de la flore des départements de Provence, Alpes et Côte d’Azur.

1. Anemone coronaria. 2 Alvosandria vesiculosa © P. Lafaite (MNHN, Paris)

Herbier Molinier-Tallon, Camargue, France

Il s’agit du seul herbier connu de René Molinier (1899-1975).
Il a été réalisé en collaboration avec Gabriel Tallon, directeur de la Réserve Botanique et Zoologique (de Camargue) et concerne la flore de Provence, notamment celle de Camargue.

Cet herbier, constitué de 10 liasses, est à mettre en relation avec les études phytosociologiques menées par ces deux chercheurs avant (1930 et après la seconde guerre mondiale entre 1945-1970). Les éléments alors recueillis ont permis de dresser la carte du delta du Rhône en 1966 (seulement publiée en 1979) et ont aboutit à la publication du « Prodrome des unités phytosociologiques observées en Camargue » dans le Bulletin du Muséum d’Histoire Naturelle de Marseille (tome XXX). Cette collection, associée aux relevés et aux cartes de végétation, constitue un précieux témoignage de la flore de Camargue au milieu du XIXe siècle.

Heliantholium lavandifolium © A. Onno

Herbier Delmas, Provence, France

L’abbé Delmas a constitué un important herbier (101 casiers), fournissant une documentation précieuse sur la flore des environs de Meyreuil où il exerça longtemps son ministère.

Il finit sa carrière comme aumônier de l’asile Saint-Paul à Saint-Rémy-de-Provence, une région qu’il avait beaucoup exploré antérieurement lorsqu’il fut prêtre à Fontvieille. Il avait semble t-il accepté de réunir ces documents en vue de la publication d’un catalogue qui ne vit malheureusement pas le jour.

Tulipa Lortetii © P. Lafaite (MNHN, Paris)

Herbier H. Ardoino des Alpes-Maritimes, France

Honoré-Jean-Baptiste Ardoino (1819-1874) a résumé les connaissances de la seconde moitié du XIXe siècle sur la flore des Alpes-Maritimes, la première pour la région.

Présent dans nos collections, son herbier se compose de 23 casiers et correspond en grande partie à son ouvrage, la « Flore analytique du département des Alpes-Maritimes » (1867). Ardoino a trouvé et fait connaître le Potentilla saxifraga Ard., décrit plusieurs espèces nouvelles endémiques de Provence et de Ligurie comme Cytisus Ardoini et Leucojum nicaense. L’herbier original de cet auteur n’est pas connu et sans doute perdu.


1. Prismatocarpus speculum ou Legousia speculum-veneris, 2. Campanula macrorhyza © B. Vila

Herbier Derbez, Basses-Alpes, France

A l’origine, cet herbier comprenait environ 15 000 échantillons, rangés dans 80 casiers et classés selon Durand (1888). Des botanistes de renom participèrent à cette collection qui bénéficie d’un étiquetage précis.

Cet herbier a été entièrement restauré et restructuré. Il a bénéficié d’un sauvetage d’urgence il y a 5 ans car il n’était plus consultable, en raison de la désagrégation de ses chemises réalisées avec le « Petit provençal ». Il a alors été séparé en trois lots selon l’origine des parts.

La majeure partie de cette collection alpine provient des Basses-Alpes (aujourd’hui les Alpes-de-Haute-Provence), en particulier de la vallée de l’Ubaye et des environs de Barcelonnette où Th. Derbez était professeur. Toutes ces espèces et leurs localités, citées dans le « Catalogue raisonné des plantes vasculaires des Basses-Alpes » de Louis Laurent poursuivi par Gabriel Deleuil et Pierre Donadille, constituent l’herbier historique des Basses-Alpes (44 casiers). Les autres parts ont été intégrées dans l’herbier de la région méditerranéenne française ou dans celui de France, voire dans l’herbier général du monde.

1. Asplenium viride, 2. Festuca valesiana © B. Vila

Herbier A. Lavagne, Provence et Alpes

Cet herbier se compose d’un herbier de la flore de Provence (48 liasses) et d’un herbier de la flore des Alpes du Sud (30 liasses).

Il a été initié par A. Lavagne en 1952 alors qu’il passait son certificat de Botanique. Au départ, cet herbier a rassemblé des plantes récoltées sur le terrain pour des examens critiques puis y furent associées toutes les récoltes sans jamais chercher l’exhaustivité. La nomenclature utilisée est celle de Fournier et le classement suit la numérotation de cette flore. Les stations y sont généralement très précises.


1. Neslia paniculata, 2. Bunias orientalis, 3. Malcomia ramosissima © A. Onno

Les herbiers témoignant du passé colonial de la France et/ou correspondant à des DOM-TOM

Ces herbiers provenant des Antilles, de Madagascar, de La Réunion, de l’Afrique Orientale Française, de la Nouvelle Calédonie et d’Amérique du Nord et Centrale renferment de nombreux types :

Herbier du Père Duss, Antilles

Cet enseignant en Martinique a étudié la flore des Antilles et celle des îles voisines...

Grâce à l’aide du Professeur E. Heckel, Professeur de la Faculté des Sciences de Marseille et du Professeur I. Urban de Berlin, il rédigea la « Flore phanérogamique des Antilles Françaises (Guadeloupe et Martinique) » en 1897. Celle-ci sera publiée au sein des Annales du Musée Colonial de Marseille. Récolteur et travailleur infatigable, le Père Duss laisse à la science des herbiers rares déposés à Berlin et à Marseille dans nos collections. Notre herbier se compose de 6 liasses.


Nectandra antillare © A. B. Vila

Herbier Perrier de la Bathie-Jumelle, Madagascar

Cet herbier, très précieux pour la connaissance de la flore de Madagascar, est constitué de trois collections distinctes réparties dans 45 casiers.

  • Il rassemble un herbier traitant de la flore de Madagascar dans son ensemble avec des récoltes comportant des dessins et constitué par différents auteurs.
  • Il contient en particulier un herbier de palmiers résultant de la collaboration de H. Perrier de la Bathie avec le professeur H. Jumelle de la Faculté des Sciences.
  • Enfin, y fut inclus un herbier des Asclépiadacées par P. Choux.

Ces trois herbiers qui font partie des collections de l’Institut Colonial de Marseille, renferment de très nombreux types notamment de palmiers. Pour ces derniers, Perrier de la Bathie récoltait le matériel sur place à Madagascar et l’envoyait à Jumelle qui l’étudie dans son laboratoire à Marseille. Cet herbier constitue l’une des plus belles collection de palmiers de Madagascar au monde.

1. Plectancia sterophylla, 2. Ravenea madagascariensis © B. Vila

Herbier Jacob de Cordemoy, La Réunion

Pendant plus de trente ans Eugène Jacob de Cordemoy a récolté, analysé, dessiné et décrit les plantes de cette île.

Il eut pour collaborateurs son frère Camille Jacob de Cordemoy et son fils Hubert Jacob de Cordemoy. Il rédigea la Flore de l’Ile de La Réunion (Réédition 1972). Cet herbier fut en prêt pendant plusieurs années au Muséum National d’Histoire Naturelle pour la rédaction de la « flore des Mascareignes ».
Particulièrement important pour la connaissance de la flore de cette île, cet herbier comporte 28 casiers et renferme de nombreux types

Euodia segregis © P. Lafaite (MNHN, Paris)

Herbier d’Amérique du Nord

Bien que ne faisant pas partie des colonies françaises ou des DOM-TOM, cet herbier figure avec ceux des colonies car il a été constitué à la même période (première moitié du 20e siècle).

Relatif à l’Amérique du Nord, cet herbier est essentiellement constitué d’exsiccata publiés en série. Des échantillons de la flore du Canada, récoltés par Henri Prat, grand spécialiste des Graminées, Professeur à Montréal puis à la Faculté des Sciences à Marseille y furent adjoints. Cette collection comporte 30 casiers.

Salvia roemeriana © B.Vila(MNHN, Paris)

Herbier Zenker, Cameroun, Gabon

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1. Popowia pilamentosa, 2. Fuirena umbellata, 3. Uvaria buchholziti © A. Onno

Herbier Boery, Mauritanie, Mali, Soudan

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1. Panicum laetum, 2. Mollugo nudicaulis, 3. Cyperus cruentas, 4. Pancratium troanthum © A. Onno

Herbier Peunel et Metzger, Nouvelle Calédonie

Page en construction

1. Cupania glauca, 2. Cupania gracilis, 3. Non identifié © A. Onno

Les derniers legs

Plus récemment, plusieurs herbiers ont été donnés en legs.

Ces herbiers correspondent à des récoltes réalisées lors de missions scientifiques par des chercheurs de l’Université d’Aix-Marseille au cours des dernières décennies. Il s’agit des herbiers de J. Contandriopoulos, G. Bonin, J. Zaffran, C. de Namur ... En fonction des entités déjà présentes au sein de MARS et de leur intérêt, ces herbiers peuvent rester autonomes ou être intégrés dans les différents herbiers évolutifs.

Par les zones géographiques concernées, les herbiers suivants restent autonomes :

L’Herbier Vila de Crète

Cette collection a été constituée par B. Vila lors de ses différents voyages en Crète entre 2010 et 2012. Il résulte de plusieurs excursions botaniques réalisées sur le littoral et dans les montages, notamment les Lefka Ori.

L’Herbier Vila d’Haida Gwaii (N-O Canada

Cet herbier a été constitué par B. Vila lors de son doctorat et les années suivantes entre 1999 et 2008. Il concerne la flore de l’archipel d’Haida Gwaii (Iles de la Reine Charlotte ; Colombie Britannique, Canada). Cette flore, qui a évolué sans grand herbivore au cours des derniers millénaires, est aujourd’hui soumise à une forte pression d’herbivorie consécutive à l’introduction du cerf à queue noire. Associé aux différentes études de doctorat menées dans les années 2000, il constitue un témoignage de l’évolution de la flore contemporaine.

L’Herbier CF. et E. Boudouresque du Niger

Cet herbier a été constitué par CF. et E. Boudouresque, tous deux professeurs à l’Université de Niamey entre 1975 et 2000. Cette collection occupe deux casiers.

L’Herbier De Namur, Congo

L’Herbier De Namur, Congo

L’Herbier Bonin, Italie

L’Herbier Bonin, Italie

Musée colonial

C’est à Marseille, port ouvert sur le Monde et les colonies, que sera créé le premier Institut Colonial de France, en 1893, sous l’impulsion du docteur Edouard Heckel (1843-1916). Il sera d’abord soutenu par le Ministère des Colonies, puis par la chambre de Commerce de Marseille qui va y créer six chaires d’enseignement colonial. Heckel développe la recherche appliquée et enrichit le Musée.

Outre leur emploi pour l’enseignement, les échantillons du Musée Colonial furent utilisés pour les expositions universelles et coloniales de la fin du XIXe et du début du XXe siècle, afin de faire connaître au public tous les produits importés des colonies. Ainsi, selon Jules Charles-Roux, le visiteur doit emporter « de son passage mieux qu’un souvenir pittoresque, plus qu’un souvenir agréable : il doit garder en lui, au sortir de sa visite la mémoire d’un enseignement » !

Collections

Encore conservé en partie à Aix Marseille Université, ce Musée constitue une pièce unique présentant une large gamme d’échantillons, depuis le produit brut jusqu’aux produits finis. Il permet d’illustrer la biodiversité des plantes utiles à l’homme, mais aussi la grande diversité de leurs usages souvent millénaires. Ainsi, d’innombrables végétaux ont été sélectionnés et utilisés :

  • pour l’alimentation (fruits, légumes, céréales, oléagineux...)
  • comme épices et condiments
  • pour la pharmacopée
  • et pour l’industrie (caoutchouc, bois, fibres, parfums...).

Musée colonial © B. Vila

Zoologie

La collection de zoologie (ancienne collection de la Faculté des Sciences de Marseille, aujourd’hui conservée à St-Charles) comprend plusieurs milliers d’échantillons récoltés et conservés depuis le milieu du XIXe siècle. On distingue 3 grands ensembles en fonction de leur mode de conservation : des animaux naturalisés, des échantillons conservés en fluides et du matériel ostéologique. Du point de vue de sa composition, cette collection s’avère remarquable par la présence d’un ensemble de Mollusques méditerranéens (Lamellibranches et Gastéropodes), de rapaces français (nocturnes et diurnes), de squelettes dont de nombreux crânes de Mammifères et un ensemble ichtyologique.

Cette collection s’organise en deux grands principaux ensembles :

Les collections constituées pour les activités d’enseignement

Indispensables pour illustrer les enseignements magistraux de zoologie, ces collections s’organisent autour de 4 grandes thématiques :

Les Oiseaux

La collection d’oiseaux naturalisés se compose de nombreux échantillons de rapaces français comme le Gypaète barbu (Gypaetus barbatus ci-dessous à l’extrémité gauche) ou la Chouette effraie (Tyto alba ci-dessous à l’extrémité droite), ainsi que d’une large gamme de Passeriformes. Un certain nombre d’échantillons de cette collection a fait l’objet d’une restauration.

1. Gypaète barbu, 2. Perroquet, 3. Butor étoilé, 4. Chouette effraie © A. Gallissian

Les Mammifères

Dans cette collection, les carnivores sont bien représentés. Certains échantillons représentent des espèces actuellement inscrites sur la liste rouge de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN). On trouve par exemple le Aye Aye (Daubentonia madagascariensis ci-dessous à gauche) ou encore l’Ornithorynque (Ornithorhynchus anatinus au centre).

1. Aye Aye, 2. Ornithorynque, 3. Chimpanzé © A. Onno

Les Poissons

Cette collection est composée de poissons osseux mais également cartilagineux comme le petit échantillon de requin bleu (Prionace glauca ci-dessous à droite). Elle contient des échantillons d’espèces rares présentes en milieux tropicaux comme le Polyptère de l’ordre des Holostéens (Polypterus sp ci-dessous à gauche).

1. Polyptère, 2. Castagnole commune, 3. Requin © A. Onno

L’ostéologie

Cette collection possède une forte valeur pédagogique car des squelettes partiels permettent d’illustrer les adaptations à la locomotion tandis que les squelettes complets offrent un large panorama parmi les principaux groupes de mammifères. La collection de crânes (félins, mouflon, éléphant, vache, dauphin, rongeurs, primates…) complète l’ensemble.

1. Crâne, 2. Pingouin, 3. Reptile © A. Onno

Les collections réalisées dans le cadre de travaux de recherche

Elles rassemblent des échantillons prélevés dans le cadre d’activités de travaux scientifiques menés en systématique ou en écologie par des chercheurs de l’Université. Les origines géographiques et les groupes taxonomiques concernés sont très divers.

Parmi ces collections, il est possible de distinguer 3 ensembles :

La faune des récifs coralliens de Madagascar

Plus de 150 échantillons de végétaux et d’invertébrés marins, pour la plupart déterminés, composent cette collection. Ils ont été récoltés dans le cadre de missions de recherche sur les récifs coralliens par P. Vasseur (MCF à l’Université de Provence retraité) à partir de 1961 dans la région Tuléar sur la côte Sud-Ouest de Madagascar (Océan Indien). Ils sont principalement issus de peuplements vivant dans l’ombre (sciaphiles) sur des substrats coralliens, c’est-à-dire sous des surplombs, dans des cavités sombres ou dans les tunnels des complexes récifaux. Ils ont été récoltés en plongée-scaphandre jusqu’à plusieurs dizaines de mètres de profondeur. Cette collection est d’une importance majeure puisqu’elle présente des espèces propres aux récifs coralliens, ces derniers étant connus pour être particulièrement riches et diversifiés en espèces.

1. Nautilus macromphalus, 2. Heterocentrotus trigonarius, 3. Fungia fungites © A. Onno

Dans les collections de zoologie se trouvent de nombreux échantillons (plusieurs centaines) de divers groupes d’animaux marins pélagiques appartenant au zooplancton et au micronecton, et notamment de formes profondes. Ils proviennent de diverses mers et régions océaniques, et plus particulièrement de la Méditerranée et du proche Atlantique. Ils ont été récoltés dans le cadre des recherches menées par un laboratoire de recherche de l’Université et notamment par J.-P Casanova (Professeur retraité).

Les Crustacés

On trouve de très nombreux échantillons de groupes aussi divers que les copépodes (constituants majoritaires du zooplancton), les euphausiacés (plus connus sous le nom de krill), les décapodes et les mysidacés. On notera la présence d’une collection complète des populations des trois derniers groupes cités, suivies sur un cycle annuel, à différentes profondeurs, en face de la station zoologique de Villefranche-sur-Mer (Méditerranée nord-occidentale).

1., 2., 3. et 5. Diverses espèces de crustacés, 4. Plancton total © A. Onno

Le Zooplancton gélatineux

On range, sous cette appellation, des groupes divers, caractérisés par une très forte teneur en eau. C’est le cas des méduses et des siphonophores, qui sont des cnidaires, des thaliacés du phylum des cordés, et des chaetognathes. Ces derniers, qui constituent toujours un phylum énigmatique car très isolé dans le règne animal, renferment quelque cent quarante espèces. La plupart figurent dans les collections. En effet, elles ont été étudiées durant une cinquantaine d’années dans un laboratoire de l’université de Provence où un cinquième des espèces connues à ce jour ont été décrites. Ce laboratoire était spécialisé dans les recherches sur différents aspects de la biologie du zooplancton (systématique, biogéographie, cycles annuels, nutrition, ...).

1., 3. et 5. Diverses espèces de méduses, 2. et 4. Diverses espèces de Chaetognathes © A. Onno

Les autres collections

Certaines collections anciennes comportent peu de renseignements relatifs à l’origine des échantillons. Elles peuvent néanmoins constituer de belles collections de référence en raison de leur exhaustivité. C’est notamment le cas de la collection de Mollusques.

Les Mollusques

Cette collection est très riche en termes de diversité spécifique et témoigne d’un appauvrissement considérable de la faune malacologique (de Provence notamment). Il semble que les espèces étaient autrefois également plus « typées  » c’est-à-dire de taille plus importante avec des coquilles plus épaisses. Cette collection présente donc un grand intérêt scientifique et historique.

1. Tegula funebralis, 2. Chlamys pallium, 3. Spondylus gaederopus, 4. Grande nacre © A. Onno

Publications

  • Vila B., 2018. Les collections universitaires françaises, quelles stratégies pour le 21e siècle ? Bull. Soc. linn. Provence, t. 69 : 53-58.
  • Verlaque R., Aboucaya A., Vila B., 2018. Contribution à l’étude caryologique de la flore de Corse et du Sud de la France. Sci. Rep. Port-Cros natl. Park, 32 : 213-234.
  • Hardion L., Verlaque R., Haan-Archipoff G., Cahen M., Hoff M. and Vila B., 2017. Cleaning up the grasses dustbin : Systematics of the Arundinoideae subfamily (Poaceae). Plant Systematics and Evolution 303 (10) : 1331-1339.
  • Hardion L., Verlaque R., Vorontsova M., Chen C.W., Takamizo T., Combroux I. and Vila B. 2017. Does infraspecific taxonomy match with species evolutionary history ? A case study with the phylogeography of Arundo formosana Hack. (Poaceae). Botanical Journal of the Linnean Society. 183 : 236-249.
  • Verlaque R., Aboucaya A., Noble V., Hardion L. and Vila B. 2016. [Various chromosome data]. In : Marhold K. (ed.), IAPT/IOPB Chromosome data 22. Taxon 65 (5) : 1206-1207.
  • Hardion L., Verlaque R., Rosato M., Rosselló JA. and Vila B. 2015. Impact of polyploidy on fertility variation of Mediterranean Arundo L. (Poaceae). Comptes rendus biologies 338 (5) : 298-306.
  • Hardion L., Baumel A., Verlaque R. and Vila B. 2014. Distinct evolutionary histories of lowland biota on Italian and Balkan peninsulas revealed by the phylogeography of Arundo plinii (Poaceae). Journal of Biogeography 41 (11) : 2150-2161.
  • Hardion L., R Verlaque R., Saltonstall K., Leriche A. and Vila B. 2014. Origin of the invasive Arundo donax (Poaceae) : a trans-Asian expedition in herbaria. Annals of botany 114 (3) : 455-462.
  • Vila B. 2013 Collections of the University of Aix-Marseille : several centuries of teaching and research, but will the future bring ? In Shaping European university heritage Past and possible futures. L. Maison, S. Talas and R. Wittje Ed. XIII UNIVERSEUM network meeting, Trondheim, Norway, 14-16 June 2012. Transactions of The Royal Norvegian Society of Sciences and Letters, 3 : 59-76.
  • Verlaque R., Vila B., Médail F., Noble V., Salanon R. and Aboucaya A. 2013. [Various chromosome data]. In : Marhold K. (ed.), IAPT/IOPB Chromosome data 15. Taxon 62 (5) : 1112-1116.
  • Hardion L., Verlaque R., Fridlender A., Zehzad B. and Vila B. 2013. [Various chromosome data]. In : Marhold K. (ed.), IAPT/IOPB Chromosome data 15. Taxon 62 (5) : 1092-1094.
  • Hardion L., Verlaque R., Callmander M.W. and Vila B. 2012. Arundo micrantha Lam. (Poacea), the correct name for Arundo mauritanica Desf. and Arundo mediterranea Danin. Candollea 67(1) : 131-135.
  • Hardion L., Verlaque R., Baumel A., Juin M. and Vila B. 2012. Revised systematics of Mediterranean Arundo L. (Poaceae) based on AFLP fingerprinting and morphology. Taxon 61 : 1217–1226.
  • Vila B. and Caplan J. 2012. The collections of the University of Provence : centuries of teaching and research. In Arranging and rearranging : planning university heritage for the future. S. Talas & MC Lourenço Eds. Padova University Press. pp 113-122.
  • Hardion L., Verlaque R., Fridlender A. and Vila B. 2011. [Various chromosome data]. In : Marhold K. (ed.), IAPT/IOPB Chromosome data 11. Taxon 60 (4) : 1221.
  • Callmander M.W., Vila B., Dransfield J and Beentje H. 2011. The legacy of Henri Jumelle in Marseille : an overlooked collection of Palms from Madagascar. Candollea 66(2) : 419-421.
  • Vila B. 2011. Les collections de l’Université de Provence : plusieurs siècles d’enseignements et de recherche in L’Université de Provence- 40 ans. Presse de l’Université de Provence. pp 98-101.
  • Vila B., Lamy D. and Verlaque R. 2010. R. Dughi et les collections de Lichens du Muséum d’Histoire Naturelle d’Aix-en-Provence : une source de matériel et de documentation oubliés. Cryptogamie, Mycologie 31 (1) : 97-112.
  • Verlaque R., Vila B. and Reduron J-P. 2010. [Various chromosome data]. In : Marhold K. (ed.), IAPT/IOPB Chromosome data 9. Taxon 59 (4) : 5.
  • Verlaque R. et Vila B. 2008. Les herbiers et leurs utilisations. In Les herbiers de Provence, Alpes et Côte d’Azur - Histoire, botanique, usages. Edisud. pp 57-71.
  • Verlaque R. et Vila B. 2008. Origine et originalité de la flore méditerranéenne. In Les herbiers de Provence, Alpes et Côte d’Azur - Histoire, botanique, usages. Edisud. pp 79-98.
  • Verlaque R. et Vila B. 2008. Les Herbiers témoins de la flore et des changements globaux. In Les herbiers de Provence, Alpes et Côte d’Azur - Histoire, botanique, usages. Edisud. pp 99-108.

Actualités

Renaissance des collections de Zoologie, la précieuse aide de deux retraités motivés

Depuis plusieurs années les collections de zoologie d’AMU (anciennes collections de la Faculté des Sciences de Marseille) font l’objet d’un important travail de classement, d’inventaire et de restauration. Ceci n’est rendu possible que par le soutien scientifique de personnes compétentes et motivées.

Ainsi, depuis bientôt trois ans maintenant, les échantillons de plusieurs collections de zoologie ont été identifiées ou re-déterminées par Marie-France et Alain Gallissian, Maîtres de Conférences en biologie animale à l’Université de Provence, et à la retraite depuis plusieurs années. Ils ont signé une convention de collaboration et réalisent ce travail avec l’aide de Françoise Blanc, Technicienne à la cellule Patrimoine scientifique d’AMU.


1. Platygyra sp © A. Gallissian, 2. De gauche à droite : Françoise Blanc, Marie-France Gallissian, Alain Gallissian © A. Onno

Marie-France se passionne depuis plusieurs dizaines d’années pour les Gastéropodes et Alain a travaillé sur ces collections au cours de sa Licence en 1956. Et c’est ensembles qu’ils ont accepté de revenir partager leur expérience et leur passion suite à une sollicitation de Bruno Vila, Chargé de mission Patrimoine scientifique, pour aider au classement et à l’inventaire d’une collection de Mollusques Gastéropodes totalement mélangée consécutivement à un déménagement inopportun.

Formés à la systématique, ils vérifient et/ou re-déterminent les échantillons depuis l’ordre jusqu’à l’espèce sur la base de la classification actuelle et y ajoutent un code barre. Avec l’aide de Françoise Blanc, ils renseignent une base de données et prennent un cliché de chaque échantillon et de ses parties caractéristiques indispensables à la détermination. Depuis maintenant 3 ans, c’est à raison d’une journée par semaine dans les collections qu’ils se consacrent à cette activité !

Après ce long travail, tous les invertébrés présents au sein de la collection (Spongiaires, Cœlentérés, Annélides, Bryozoaires, Brachypodes, Mollusques, Crustacés, Echinodermes) mais aussi les Poissons, ont été reconditionnés, re-déterminés, photographiés et inventoriés. Cela représente plusieurs centaines d’échantillons.


1. Phyllospongia lamellosa © A. Gallissian, 2. Acropora sp © A. Gallissian, 3. Balanus crenatus © A. Gallissian

Passionnés par cette activité et animés par l’envie de faire revivre ces collections extraordinaires réunies depuis l’origine de la Faculté, ils ont proposés de poursuivre ce travail fondamental sur les Batraciens, Reptiles, Oiseaux, Mammifères naturalisés, et plus tard, sur les Insectes.
Grâce à leur investissement et suite à la restauration de nombreux échantillons, une partie non négligeable des collections de zoologie est aujourd’hui réutilisée lors des enseignements et d’ateliers à destination des scolaires et s’avère mobilisable dans le cadre d’expositions auprès du grand public.

Restauration et informatisation des herbiers de lichens

Plusieurs herbiers historiques de lichens présents au sein de l’herbier d’Aix-Marseille Université, dont les plus anciennes parts datent du début du 19e siècle, font l’objet d’une restauration, d’un reclassement et d’une informatisation en vue de les rendre accessibles aux scientifiques.

Conservés séparément à l’origine, ces herbiers, notamment l’herbier général de lichens et l’herbier de Taxis, ont été fusionnés afin de constituer une collection unique plus aisément consultable.

Les échantillons décollés de leur support ont été refixés, les parts les plus fragiles reconditionnées dans des enveloppes et épinglées sur des supports afin d’être correctement conditionnées.

De plus, afin de faciliter la consultation, l’herbier ainsi constitué a été informatisé d’abord par Bruno Vila puis par Françoise Blanc (Adjointe-Technique de la cellule Patrimoine scientifique d’AMU). Pour ce faire, chaque échantillon a été identifié par un numéro et un code barre unique et toutes les informations présentes sur les anciennes étiquettes ont été enregistrées dans une base de données.

L’ensemble des données a été vérifié avec l’aide de Susana Pereira (Doctorante à l’Imbe ayant obtenu un Monitorat à la cellule Patrimoine scientifique d’AMU).

Cet herbier, qui constitue maintenant l’herbier général de lichens d’AMU, est un herbier évolutif c’est-à-dire qu’il continue de s’enrichir de nouvelles collectes. Les derniers échantillons rentrés dans la collection sont ceux de Manuel Cartereau (étudiant en 2e année de Licence) et concernent la flore régionale.

La base de données réalisée sera prochainement accessible en ligne sur le site du patrimoine scientifique offrant ainsi aux naturalistes de précieuses informations sur la répartition des espèces et l’évolution de cette flore.


1. De gauche à droite : Susana Pereira et Françoise Blanc, 2. En haut : Belinbia spherides, En bas : Borrera chrysophthalma
3. Bryopogon jubatus © A. Onno

Focus sur une collection peu commune : un grainetier

Depuis le printemps 2015, Anaïs Onno (Ingénieure d’étude, Ecologue employée à la cellule du Patrimoine scientifique d’AMU) inventorie un grainetier reçu en legs de la Société d’Horticulture et d’Arboriculture des Bouches-du-Rhône en décembre 2014.

Il s’agit d’une collection de graines, rangées par famille dans un meuble à tiroirs. Chaque échantillon, constitué d’un lot de graines contenu dans un tube en verre, est renseigné avec une étiquette comportant la famille, le genre et l’espèce, plus rarement la provenance.

Ce grainetier fait l’objet d’une restauration et d’un inventaire. Ainsi tous les échantillons ont été nettoyés et congelés pour désinsectisation. A ce jour presque 1 700 échantillons ont été inventoriés dans une base de données en retranscrivant toutes les informations présentes sur les étiquettes.

Un reclassement des échantillons complètera la restauration. L’inventaire sera bientôt accessible sur le site du patrimoine scientifique d’AMU. Cette collection sera complétée par d’autres collectes présentes dans les collections de botanique de l’université. Ce grainetier constituera alors une collection de référence pour l’identification des graines lors des différentes activités d’enseignements et de recherche.


1. En bas : Abrus precatorius, 2. En bas : Trachycarpus excelsa, 3. En bas : Strelitzia reginae © A. Onno

Film documentaire de M. Charbonnier et de C. Lafontaine, Département SATIS, Université de Provence, 2010

MARS. (de Herb à Hier)

"L’Université de Provence à Marseille, au premier étage du bâtiment des Sciences Naturelles, une pièce exiguë, dans cette pièce des casiers, derrière les casiers, un trésor, vieux de deux cent ans, 400 000 plantes séchées, récoltées avec minutie par des botanistes passionnés, génération après génération.

Une petite équipe pour les préserver.

L’un d’entre eux nous raconte cet herbier, et comment redonner une deuxième vie à ces plantes. Plus qu’un tombeau une vaste bibliothèque pour un enseignement et la recherche contemporaine."|

Infos pratiques

Informations pratiques

Contact : Bruno VILA : bruno.vila univ-amu.fr
Consultation et prêts : sur rendez-vous par mail.

Personnel


Françoise Blanc
Technicienne AMU

Philippe Blanc
Adjoint-Technique AMU

Bruno Vila
Responsable des collections

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