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Parc Urbain des Papillons

En mars 2012 naissait le premier Parc Urbain des Papillons, un dispositif collaboratif de recherche, formation et sensibilisation à la biodiversité urbaine.

Personnel LPED impliqué

Responsable : Magali Deschamps-Cottin (magali.deschamps-cottin univ-amu.fr) Personnes impliquées au LPED : Bruno Vila, Christine Robles
Mots-clés : Biodiversité urbaine, Faune, Flore, Conservation de la biodiversité, Site expérimental, formation, médiation

EXEMPLARITE et INNOVATION

A la fois dispositif expérimental de recherche, outil d’aide à la gestion des espaces verts et espace de formation et de sensibilisation de différents publics (scolaires, étudiants, grand public, professionnels, etc.), le Parc Urbain des Papillons demeure une initiative multi partenariale unique en milieu urbain. Il regroupe des partenaires locaux très divers (Université et laboratoire de recherche, collectivité, entreprise, associations locales, Lycée technique, etc.) autour d’un même objectif : mieux connaître la biodiversité locale et ses interactions avec le milieu urbain, pour permettre son développement et renforcer la sensibilisation des différents publics aux enjeux de sa préservation.
Ce projet collaboratif touche tous les publics et permet la valorisation d’une ancienne prairie agricole périurbaine en favorisant la biodiversité de façon simple. Il permet également d’illustrer comment une municipalité peut utiliser « autrement » son foncier urbain ou périurbain disponible. En effet, l’enjeu de conservation des espaces périurbains pour les grandes villes est majeur dans le contexte des changements globaux. La mise à disposition de cet espace par la Ville de Marseille est donc exemplaire à l’échelle nationale où les espaces périurbains sont souvent dédiés à l’expansion des villes.

UN ESPACE DE RECHERCHE SUR LA NATURE EN VILLE

La conservation de la biodiversité est devenue un enjeu majeur pour nos sociétés et son étude s’est progressivement étendue des milieux naturels vers les zones urbanisées.

Depuis 2008, le Laboratoire Population-Environnement-Développement (LPED-AMU-IRD) appréhende la Nature en ville à travers une approche interdisciplinaire.

Ces travaux de recherche interrogent la problématique de la biodiversité et de l’urbanisation sous l’aspect fonctionnel des continuités écologiques. Elles ont fait émerger la nécessité d’une meilleure connaissance de la biodiversité urbaine et de son fonctionnement afin de favoriser la connectivité paysagère en milieu urbain.

Les travaux réalisés sur les papillons de jour à Marseille ont mis en évidence une richesse en espèces insoupçonnée (44 espèces), mais une diminution du nombre d’espèces et du nombre d’individus de la périphérie vers le centre-ville. Ces recherches ont également démontrées une perte d’espèces méditerranéennes suivant ce gradient.

Afin de suivre cette biodiversité urbaine sur le long terme et de comprendre son évolution, en 2012 le LPED met en place un dispositif expérimental de recherche unique en France : le Parc Urbain des Papillons (PUP). Il s’agit de créer une zone d’attraction et un havre de paix pour les papillons au cœur de la deuxième Ville de France.

UN PARADIS POUR PAPILLONS CITADINS


Le Parc Urbain des Papillons est installé dans le périmètre d’une Bastide inscrit au titre des Monuments Historiques. Ce classement a préservé un espace de nature au cœur de grands ensembles (la Busserine, les Flamants...) et de la ZAC des Hauts de Sainte Marthe actuellement en construction. Cet emplacement entre ville et nature fait du PUP un espace privilégié pour l’étude du fonctionnement des écosystèmes urbain.

Le papillon : un marqueur pour étudier les changements au sein des écosystèmes.

Au court de son cycle de développement, le papillon utilise plusieurs espaces de vie. Ces exigences écologiques et la rapidité de réponse aux changements, dû à un cycle de développement court, font des papillons un objet d’étude de qualité pour appréhender les changements rapides de l’environnement et des habitats urbains.

le PUP est un espace d’attraction pour les papillons.

Il offre aux papillons des espaces de vie diversifiés : des plantes hôtes pour l’alimentation des chenilles, des plantes nectarifères variées, des espaces refuges comme des herbes hautes ou des ronciers, mais aussi des postes de guets, des solariums...

Le PUP répond à plusieurs objectifs :

Il a tout d’abord été créé pour observer l’évolution des communautés de papillons de jour grâce à des suivis annuels (arrivée potentielle de nouvelles espèces, installation, dispersion, etc.) afin de mieux comprendre l’influence de la structure de l’urbain et des pratiques de gestion des espaces verts sur ces dynamiques. Il constitue également un espace de diffusion des connaissances de la biodiversité urbaine.

UN AMENAGEMENT COLLABORATIF ET MULTIPARTENARIAL


Le PUP a été aménagé sur une ancienne parcelle agricole, dans l’enceinte de la bastide de la Tour des Pins, sur un terrain mis à disposition par la ville de Marseille. Le soutien financier de GrDF a permis la création du dispositif en 2012 et les suivis scientifiques de 2012 à 2015.

L’aménagement fait appel à des techniques simples, des gestes agricoles et ancestraux. Il met en œuvre des matériaux naturels qui participent à révéler l’histoire de ce lieu exceptionnel et nous renvoient à sa dimension patrimoniale.

Outre le laboratoire de recherche qui a défini le plan expérimental d’aménagement du PUP différents acteurs collaborent à l’aménagement et l’entretien du Parc Urbain des Papillons.

SAFI, collectif d’artistes marcheurs-cueilleur, conçoit les documents de médiation destinés aux publics (plaquette de présentation, cahier de jeux, panneaux pédagogiques...) et réalise l’aménagement du lieu avec les élèves du Lycée des Calanques en mettant en oeuvre des techniques respectueuse de l’environnement.

Le Lycée d’aménagement des Calanques, via une convention de Chantier-école pour la formation à la gestion et à l’entretien des espaces verts, réalise l’entretien du PUP et participe l’aménagement du site.

L’association Proserpine pionnière dans la réalisation de Jardins à papillons (Jardin des papillons de Digne-les-Bains©) aidée de Jean Pierre Vesco horticulteur, spécialiste dans l’élevage des lépidoptères, ont sélectionné et fourni les espèces végétales.

UN ESPACE DE MEDIATION ET DE FORMATION SUR LA NATURE EN VILLE

L’entretient du PUP est assuré par les élèves du lycée d’aménagement paysager des Calanques. Ceci contribue à former les futurs gestionnaires des espaces verts à des modes de gestion différenciés et raisonnés qui préservent la biodiversité et favorise l’implantation et le maintien de la nature urbaine.

Les suivis scientifiques sont assurés par les chercheurs du LPED et les étudiants de la Licence au Master en biologie d’Aix-Marseille Université qui complètent ainsi leur formation en participants à l’enrichissement des données naturalistes sur le sites (Inventaire des espèces végétales présentes dans les différents élément paysagés /L3 BOE- 2015, Inventaire des Gastéropodes /L3 ECOP- 2016)

Le PUP contribue également à une meilleurs diffusion de la culture scientifique et à la sensibilisation du public à la nature en ville en proposant des temps d’ouverture animés par les chercheurs leurs étudiants ou des partenaires.

Des outils ont été conçu : parcours de panneaux pédagogiques, plaquette de présentation illustrée, cahier pédagogique de découverte des lépidoptères.

Des temps de médiations sont proposés :
parcours pédagogique à destination des enfants, visites scolaires, ouvertures publiques (Rendez-vous au jardin, fête de la science, Journée Européenne du Patrimoine, nuit des Papillons, nuit de la Chauve souris)

UN BILAN ENCOURAGEANT

Les résultats de recherche sont prometteurs.
En 2010, avant l’aménagement du PUP 17 espèces de papillons ont étés recensées. En 2017, après aménagement, 31 espèces ont étés recensées.

Les installations de plantes nectarifères et de plantes hôtes ont permis le retour et/ou la venue de nouvelles espèces comme le Citron de Provence*, Robert le diable, le Thécla du kermès* ou encore l’Azuré de Lang*, dont certaines sont typiquement méditerranéennes*. Le nombre d’espèces observées est ainsi passé de 14 à 25 en moyenne depuis l’aménagement du parc. Ce dispositif permet donc d’augmenter le nombre d’espèces de papillon et montre bien le rôle des aménagements et des pratiques de gestion sur les communautés.

Ainsi, la mise en place de ces pratiques d’aménagement et de gestion pourrait favoriser à une plus large échelle la biodiversité au sein du tissu urbain et participer activement à la connectivité paysagère dans des espaces fortement anthropisés.

Des visiteurs enthousiastes


Depuis son aménagement en 2012, 3464 personnes sont venues au PUP
288 lycéens ont contribué à la gestion du site, 144 lycéens ont participé à son aménagement, 1600 étudiants, 164 collégiens, 140 scolaires, 70 agents techniques de la ville de Marseille et autres collectivités et 1058 personnes du grand public ont visité le PUP et suivi le parcours pédagogique.

POURSUIVRE NOS ACTIONS


Après 6 ans d’existence, recherche scientifique et sensibilisation des publics au PUP se poursuivent avec toujours comme ambition une approche collaborative et une démarche engagée et militante.

Pour continuer à mieux comprendre les interactions ville-nature, confirmer les premiers résultats et observer l’installation durable des espèces, il nous semble nécessaire de continuer certaines actions et d’en développer de nouvelles :

Impliquer les acteurs institutionnels (services de la ville, MPM, Région) en développant une offre de formation thématique en lien avec la biodiversité et les pratiques de gestion des espaces verts.

Poursuivre le suivi du dispositif de recherche en maintenant les comptages annuels et l’analyse des données et en mettant en place un inventaire botanique régulier du site.

Maintenir le dialogue initié avec les partenaires en continuant à produire des espaces de collaborations (semaine projet avec le lycée et SAFI, charte de gestion...)

Accroitre les plantations et varier les aménagements pour atteindre l’ensemble des espèces potentiellement présentes (zone fruitière, aménagement de rocaille...)

Elargir le temps d’ouverture aux publics et améliorer l’accueil, en ouvrant d’avril à octobre, en plus des temps événementiels (fête de la science, journées du patrimoine...) le parc augmenterait considérablement le nombre de visites et élargirait son offre auprès des scolaires et du grand public.

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