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L’Atelier permanent et itinérant « Les communs dans la cité »

Samedi 22 juin

L’Atelier permanent et itinérant
« Les communs dans la cité »

vous invite à une

Cueillette-inventaire en commun du jardin Levat

Le samedi 22 juin 2019
(jardin Levat, 3 rue Levat, 13003 Marseille)

Affiche de lévénement : affiche22.06.pdf PDF
Inscription obligatoire ici https://lite.framacalc.org/Cueillet...

  • Pour des raisons d’organisation nous limitons la participation à 50 personnes maximum. Cette première cueillette-inventaire en commun est à visée expérimentale, nous pourrons la répéter en fonction de cette première expérience. La connaissance qui sera produite au cours de cette journée sera mise à la disposition de tous dans un format que nous communiquerons ultérieurement

Les organisateurs de la rencontre : Audrey Marco (ENSP, LAREP), Jérémie Frémont (Juxtapoz), Fabienne Orsi (LPED-IRD), Julie Cardi (LPED), Anaïs Allio (Brouettes & compagnie), Hélène Froment (Brouettes & compagnie), Jean-François & Jacqueline Blondeau (Brouettes & compagnie), Roxane Lacroix (ENSA-Marseille), Luc Joulé (image de ville), Arlette Hérat (ENSA-Marseille, Project[s], LPED), Alexandra Biehler (ENSA-Marseille, Project[s]), Jean-Benoît Zimmermann (CNRS)

Cette journée s’inscrit dans la continuité des rencontres que nous avons organisées en décembre 2018 sur le thème « Le jardin Levat : quel commun construire ? » (voir infra).
Cette cueillette-inventaire a pour objectif de co-produire une connaissance du jardin à partir de la mise en partage des connaissances et savoirs variés qu’ils soient scientifiques ou liés à ses usages aujourd’hui et dans l’histoire. La production collective de cette connaissance, puis sa mise à la disposition de tous vise à servir de levier à l’action collective et citoyenne à propos du devenir du jardin et du couvent Levat et ce à l’heure où le projet urbain « Quartiers libres » lance une concertation publique sur le sujet.
Au cours de cette cueillette-inventaire, nous travaillerons sur la transmission du jardin depuis son entretien et son usage exclusif par une communauté religieuse jusqu’à aujourd’hui où il est désormais l’affaire de la cité. Il s’agira de prendre collectivement conscience de la fragilité du jardin comme « ressource héritée », de donner ainsi envie d’en prendre soin collectivement et de réfléchir sur cette base à la manière de le gérer en commun, selon quelles règles et pour quels usages.

Project[s]

Programme

10h : introduction de l’Atelier permanent et itinérant « les communs dans la cité »

10h30 : Consignes aux participants pour la collecte

10h40-11h10 : Cueillette collective dans le jardin

11h15-12h30 : Mise en commun de la collecte et partage des connaissances autour d’une table

12h30 -14h : Apéritif et repas auberge espagnol (chaque participant amène un mets à partager)

14h : Mini-conférence de Thierry Gauquelin (sous reserve) : « Profondeur(s) du sol au jardin Levat »

14h15 : Déambulation et cueillette avec Audrey Marco et Jérémie Frémont

15h : Mini-conférence d’Hélène Froment sur l’histoire du jardin et du couvent Levat

15h15 : Poursuite de la déambulation et de la cueillette

15h45 : Retour à la table

16h : Mini-conférence de Véronique Mure : « Plantes et Jardins de couvents »

16h30 : Synthèse-conclusion avec le collectif de l’Atelier Les communs dans la cité

17h : Apéritif de clôture

  • ***
    L’Atelier permanent et itinérant « Les communs dans la cité » : qu’est-ce que c’est ?
    Cet Atelier a été initié en juin 2018 par : Fabienne Orsi (IRD, LPED - Aix-Marseille Université), Hélène Froment (Brouettes & compagnie), Jean-Marc Besse (CNRS, EHESS), Audrey Marco (ENSP, LAREP), Alima El Bajouni (B.A.BALEX), Alexandra Biehler (ENSAM, project[s]), Aude Fanlo (MuCem), Arlette Hérat (LPED, ENSAM), Luc Joulé (Image de ville), Anaïs Allio (Brouettes et compagnie).
    Nous avons créé cet Atelier dans le but de faire vivre une dynamique collective de recherche et de débat public à Marseille sur le thème de la cité entendue dans son acceptation politique, d’organisation de la vie en commun à partir d’une grille de lecture basée sur la notion de « communs ». Des réflexions et des expérimentations sociales sont en cours en Europe et dans le monde qui visent une réappropriation citoyenne de la “chose publique” à partir de nouvelles manières de penser la propriété, la place de l’individu et du corps dans la cité, le rapport à la terre, à la nature, à partir aussi de l’invention de nouvelles formes de redistribution des pouvoirs entre l’administration, les élus et les citoyens, de nouveaux modes de gouvernement démocratiques des biens, services, lieux, espaces publics. Un mouvement pour les communs dans la cité pourrait être ainsi en passe de se constituer remettant au cœur la res publica. Notre atelier propose de réfléchir collectivement (chercheurs, élus, collectifs, techniciens, habitants, porteurs de projets etc) au sujet à partir d’expériences concrètes et plurielles.
    Chaque rencontre que nous organisons est le fruit de plusieurs réunions de travail associant chercheur-e-s, enseignant-e-s, artistes, habitant-e-s et membres de collectifs et d’associations.
    Les communs dans la cité : quelques éléments de présentation
    Depuis les travaux de la politologue américaine Elinor Ostrom sur la « gouvernance des communs » qui furent récompensés par l’attribution du prix Nobel d’économie en 2009, le thème des communs prend une ampleur considérable. Sur fond de crises écologique, économique et démocratique, mais aussi sous l’impulsion de la révolution numérique, la notion de « communs » ne cesse d’être travaillée aujourd’hui tant dans les milieux académiques et intellectuels que dans la pratique sociale. Son usage s’étend à des domaines toujours plus larges de la vie : l’habitat, la connaissance, la ville, la santé, le travail, l’entreprise, le numérique, l’agriculture.
    Si l’on suit la définition proposée par Benjamin Coriat, les communs sont « des ensembles de ressources collectivement gouvernées, au moyen d’une structure de gouvernance assurant une distribution des droits entre les partenaires participant au commun et visant à l’exploitation ordonnée de la ressource, permettant sa reproduction sur le long terme » [1]. Les communs sont donc d’abord des construits sociaux, le fait d’une communauté qui se constitue autour d’une ressource matérielle ou immatérielle et s’auto-organise selon des règles de gouvernance bien précises et inventées par elle (une auto-gouvernance), appuyée sur des formes de propriétés distribuées (des faisceaux de droits), et suivant des règles de gestion, de contrôle, d’usage et d’accès à la ressource dans un souci de préservation et d’accès. Au delà, si la mobilisation est intense, c’est que la notion de communs autorise à penser le changement social sur la base d’un réinvestissement du collectif, de la communauté, du partage et de l’usage. En quelques années le mot « communs » s’est constitué en un puissant concept qui tout à la fois vient bouleverser nos schémas de pensées classiques, nous invite à réinvestir l’histoire des grands principes fondateurs de nos sociétés, vient bouleverser les doctrines dominantes, ouvre sur un foisonnement d’expérimentations sociales et politiques alternatives et porte en lui les germes d’une pensée renouvelée et collective pour appréhender le monde et construire sa transformation [2].

Le jardin Levat peut-il devenir un commun ?
Dès les rencontres de décembre nous proposions de poser la question suivante : le jardin Levat peut-il devenir un « commun » ? Cela implique en tout premier lieu de s’intéresser à la spécificité de la ressource. Il s’agit d’une ressource singulière dans un contexte urbain lui aussi spécifique : une terre au passé agricole qui se situe dans un quartier populaire à forte histoire migratoire, la Belle de Mai, une terre agricole qui a jusqu’ici été préservée selon un usage privatif et exclusif par une communauté religieuse. Il s’agissait d’une propriété de la congrégation des sœurs des victimes du sacré cœur de Jésus qui s’installe en 1841 et cultive le jardin pour une vie en autarcie à partir de cette époque et jusqu’à son départ en 2016. La mairie de Marseille rachète la propriété à la congrégation. Le jardin Levat est désormais situé en plein coeur du projet urbain « Quartiers libres » basé sur le principe de concertation publique. D’ « affaire privée » d’une communauté religieuse, l’avenir du couvent et du jardin devient l’affaire de la communauté politique, l’affaire de la cité, il relève maintenant de la chose publique. Au cours des différents moments de l’atelier il s’agira de travailler sur le cas du jardin Levat avec en arrière fond la question centrale des possibilités et des conditions sous lesquelles peut s’expérimenter une nouvelle forme de jardin qui ne relève ni du jardin public au sens classique du terme, ni du jardin privatif, mais d’inventer un jardin commun perenne dans la cité, là où la tension est centrale entre l’ouverture, l’organisation de l’accès et des usages, la préservation de la ressource et les enjeux sociétaux. Cette question revient à réinvestir l’idée même de jardin,comme celles de biens, de lieux, ou encore d’espace publics. Elle appelle aussi à s’intéresser à la place des habitants dans l’élaboration du projet, à la nature de leurs liens au jardin, aux processus d’appropriation du lieu, mais aussi cela renvoie au questionnent sur la gentrification ou encore à celui de « l’urbanisme transitoire ».
[1] Coriat, B. (Eds), Le retour des communs, la crise de l’idéologie propriétaire, LLL, 2015.
[2] Pour une tentative de présentation des définitions et des débats, voir : Cornu, M., Orsi, F., Rochfeld, J. (Eds). Dictionnaire des biens communs, PUF, 2017.

Quelques liens :

Présentation du jardin Levat par l’association Juxtapoz

Le site officiel de la ville de Marseille sur le jardin Levat

La page Facebook du jardin Levat
Quartiers libres
Quartiers Libres : L’avenir du couvent Levat
Couvent Levat, quelle place pour les habitants, communiqué des citoyens du 3e

Partager, Vacarme, Cahier, 79, 2017 par Hervé Brunon

Paysages en commun, Les carnets du paysage, N°33, 2018, Actes Sud/école nationale superieure du paysage

Prendre les communs au serieux, France culture

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