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"Condiciones para la Implementación de Políticas Públicas Internacionales”

CIPPI "Condiciones para la Implementación de Políticas Públicas Internacionales” (ONU-Hábitat, ODD, CEPAL, Banco Mundial, etc.), en colaboración con la Alcaldía de La Paz, la gobernación del departamento de La Paz, IIGEO e IDIS de la Universidad Mayor de Andrés, y UN-Habitat.

Personnel LPED impliqués

  • MAZUREK Hubert - Directeur de Recherche, Dr. Écologie, HDR de Géographie

Les récents rapports de l’ONU et particulièrement celui de UN-Habitat sont formels : « Aujourd’hui, 54% de la population mondiale vit dans les zones urbaines, une proportion qui devrait passer à 66% en 2050 » ; 2,5 milliards de personnes devrait venir alimenter la croissance urbaine d’ici 2050. Cette croissance s’accompagne d’une « littoralisation » des villes, et surtout de l’augmentation significative des très grandes villes. « La Gestion des zones urbaines est devenue l’un des défis de développement les plus importants du 21e siècle », a déclaré le Directeur de la Division de la population, John Wilmoth.
Ce défi est en grande partie masqué par un autre phénomène plus médiatisé : celui du changement climatique et des évènements extrêmes. L’impact de ce changement climatique est aujourd’hui assez connu et nécessite des mesures d’urgence en matière d’adaptation et de mitigation.
La plupart des organismes internationaux (ONU, GIEC, The World Bank, etc.) sont également d’accord pour signaler que la plus forte contribution aux émissions de gaz à effet de serre, voire aux effets des changements globaux, provient de la ville. L’usage excessif de l’énergie, les rejets de l’habitat et de l’industrie, les effets d’ilot de chaleurs, mais aussi les modes de consommation et de production alimentaire, l’usage inconsidéré des ressources naturelles (minerais, ciments, eau, etc.), et bien d’autres éléments, font de la ville un défi énorme pour les politiques de mitigation du changement climatique.

Mais, alors qu’en matière de mitigation la technologie fait des progrès importants dans la définition d’un habitat ou de technologie durable, en matière d’adaptation nous savons peu de choses, surtout dans les pays du Sud où l’habitat est moins réglementé et les conditions de gouvernance souvent plus complexes.

Téléphérique à La Paz

Il est clair qu’aujourd’hui, face à ces deux défis, les politiques urbaines doivent trouver une autre voie. Il n’est plus possible de penser le développement urbain en termes sectoriels ou selon des modalités de planification traditionnelles (transport, habitat, eau, assainissement, etc.). Le défi environnemental nous oblige à penser la ville dans sa globalité, en intégrant des paramètres de mitigation et d’adaptation au sein même des programmes de construction et de rénovation. La gouvernance n’est plus une question de régulation foncière impliquant un équilibre entre espace public et privé, mais de régulation environnementale impliquant une optimisation des éléments favorisant la mitigation et l’adaptation face au changement climatique, et aux défis environnementaux en général. La gouvernance en temps de changement climatique oblige à des changements de pratiques urbaines, qui vont bien au-delà des seuls investissements en infrastructures ou de gestion des ressources ; pratiques urbaines qui relève d’une échelle locale, d’une appropriation citoyenne, et d’une intégration des pratiques et savoirs locaux, qui peuvent conduire aussi à une amélioration de la qualité de vie ; dans ce champ de recherche tout ce qui est relatif au renouvellement urbain doit intégrer ces nouvelles considérations.

Mais face à ces défis, que savons-nous de la ville ? Et de son fonctionnement face au changement climatique ?
De fait, nous sommes toujours sous influence de vieux schémas d’urbanisme et des pendules centre-ville / périphérie, ville et campagne, immeuble et pavillonnaire, etc., et nous ne disposons que de très peu de connaissance en matière de relation entre morphologie urbaine, climat et mode de vie (voire qualité de vie). Le modèle urbain, spécifique de chaque zone climatique et culturelle, conditionne beaucoup plus les possibilités de mitigation et d’adaptation que la densification. La ville de 2050 se construit aujourd’hui et face au changement climatique l’empirisme de sa conception n’est plus permis ; nous n’avons plus droit à l’erreur.

Les politiques internationales (Habitat III, ODDs, CEPAL, Banque Mondiale, etc.) ont bien compris ces enjeux ; la ville durable, la ville résiliente, la smart city, etc. sont les mots les plus utilisés aujourd’hui dans toutes ces politiques. Ce sont aussi des impératifs dans le cadre d’une « internationalisation » des politiques de la ville, oubliant le plus souvent les contextes, ou les niveaux de gouvernance. Des liturgies parfois, que les gouvernements utilisent pour justifier certains marchés.
De l’autre côté, nous assistons à de multiples initiatives innovantes des collectivités locales en Amérique latine, construites autour d’un discours plus participatif que technologique. Dans la plupart des pays, on observe de multiples contradictions, oppositions, voire conflits entre les gouvernements et le local.

Comment appréhender un texte comme Habitat III ? Comment le concrétiser en actions ? Inversement, comment l’expérience locale, contextualisée, peut se retrouver dans ces recommandations internationales ?
Bref, quelles sont les conditions nécessaires pour l’application des politiques publiques internationales dans les villes moyennes et grandes ?

Nous nous proposons, en nous appuyant sur la plateforme AC3, d’effectuer des comparaisons sur les politiques menées dans plusieurs villes d’Amérique andine, de leur concrétisation en projets, et de leurs relations avec des réseaux ou des politiques internationales.
Ce projet démarre avec la Ville de La Paz, en collaboration avec la Mairie, l’Institut de Géographie et l’Institut de Recherche en Sociologie de l’Université Mayor de San Andrés, et avec ONU-Habitat qui conduit actuellement l’étude sur les nouvelles politiques urbaines en Bolivie.
De même, une réflexion sera menée sur la construction de l’aire Métropolitaine de La Paz, et l’intégration de principe de ville durable au sein d’une planification intégrée, en relation avec la Gobernación du département de La Paz.

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