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Approcher la nature - 2e journée des doctorants du LPED

13 et 14 juin 2007. Université de provence, Marseille , France.

Colloque co-organisé par :

  • ALESSIO Filipe, doctorant en écologie, Brésil, UP/LPED ;
  • BOURSE Loïc, doctorant en sociologie, France, UP/LPED ;
  • DOMINGUEZ Pablo, doctorant en anthropologie, Espagne, UP/LPED

et avec la participation de :

  • l’UR 168 « Dynamiques environnementales entre forêt, agriculture et biodiversité : des pratiques locales sur la nature aux politiques de conservation » ;
  • l’UR 169 « PATIS -Patrimoines naturels, territoires et identités ».

Thématique

Pour les 2émes Journées des Doctorants, nous avons voulu traiter d’une thématique
commune sous le signe de discussions transdisciplinaires. Cette démarche a été réfléchie dans le
but de réunir des synergies autour d’un thème donné et d’exploiter les potentialités des différents regards disciplinaires (des sciences naturelles comme des sciences sociales) sur la question du lien entre Homme et Nature.

Partant de cet état d’esprit, nous avons proposé dans le cadre de la 2éme édition des Journées des Doctorants du LPED la thématique commune « Approcher la Nature ». Jamais les discussions et préoccupations sur les relations entre l’Homme et la Nature ont été aussi présentes et constantes dans notre quotidien : la perte de la biodiversité, les changements climatiques, les organismes génétiquement modifiés, la biotechnologie, l’occupation et usage de l’espace par l’être humain.

A travers ce thème, les organisateurs souhaitaient que soient discutées et débattues des approches théoriques et méthodologiques propres à chaque discipline représentée lors de ce colloque (agronomie, anthropologie, écologie, économie, ethnobiologie, géographie). Ainsi, le thème de l’interaction entre les sphères bio-écologique et socioculturelle a été analysé au sein de ces Journées à travers le regard disciplinaire croisé.

Cette manifestation qui s’est tenue pendant deux jours a été structurée autour de quatre séances thématiques : Approches théoriques des relations de l’homme avec la nature ; Gestion des ressources naturelles : quelle place pour les connaissances traditionnelles ? ; Les effets des politiques publiques sur la gestion des ressources naturelles ; Les stratégies marchandes issues de la culture de produits animal et végétal.

Pour partager avec vous le contenu de ces journées, nous vous proposons de lire trois types de produits :

  • un article publié dans la revue Nature Science et Société ;
  • un encart paru dans Sciences aus Sud de l’IRD ;
  • les résumés et les diaporamas des communications.

Article publié dans Natures Sciences et Sociétés

L’objectif de cet article était de revenir sur la question de la pluridisciplinarité à partir de la thématique de la nature.

Pour lire l’article, suivez le lien suivant : « Approcher la nature : regards disciplinaires croisés, Compte rendu des secondes Journées des Doctorants du LPED ».

Encart paru dans Sciences au Sud

L’objectif de cet encart était de valoriser auprès de l’IRD cette manifestation qui réunissait à la fois des doctorants, des chercheurs et des enseignants chercheurs de deux Unités de Recherche de l’IRD (UR 168 et 169) et l’Unité Mixte de Recherche 151 Université de Provence et IRD.

Pour lire l’encart, suivez le lien suivant : Approcher la nature. Regards disciplinaires croisés.

Résumés et diaporamas des communications.

Première thématique : Approches théoriques des relations de l’homme avec la nature.

KAPP Sébastien, Vers un nouveau paradigme des relations hommes nature.

Cette communication vise à repenser d’un point de vue théorique les rapports entre homme et environnement. Le fossé séparant sciences naturelles et sciences humaines est le reflet de la rupture ontologique entre nature et société. Seul un changement de nos représentations et une reconsidération radicale de la place et du rôle de l’homme dans son environnement est susceptible d’œuvrer pour une gestion plus viable des ressources naturelles et une meilleure durabilité de leur exploitation. Depuis une trentaine d’années, les politiques de gestion de la nature occupent une place centrale : développement durable, biodiversité et conservation sont des sujets fréquemment débattus. N’est-il pas temps de reconsidérer théoriquement les études sociales et naturalistes ? Nous présentons ici une vision des relations homme/nature en terme de gestion des interactions des variabilités naturelles et sociales dans le contexte de stratégies adaptatives. Il est nécessaire pour les sciences sociales et naturelles de repenser leurs cadres conceptuels et de considérer des ruptures épistémologiques et méthodologiques. Cette démarche participerait à leur rapprochement, notamment dans l’étude des relations hommes/nature.

Mots clés : Développement durable – Australie – Gabon.

DOMINGUEZ Pablo, Vers une éco-anthropologie globale.

L’analyse matérialiste en Éco-anthropologie affirmant que la culture est issue de la base bioécologique qui la porte (l’écosystème), s’oppose généralement à l’analyse symboliste affirmant que la culture se construit aussi elle-même. Néanmoins, cette dernière analyse, puisqu’elle s’est intéressée essentiellement aux représentations culturelles et aux cosmologies des populations humaines, n’a pas su en tirer des conclusions valables pour l’Écologie traditionnelle. Les efforts pour essayer de trouver une alliance entre les deux analyses (matérialiste et symboliste) ont été nombreux pendant les trente dernières années (SAHLINS M. D., 1980, GODELIER M., 1984, DESCOLA P. & PALSON G., 1996, etc.). Selon C. Levesque (1996), Philippe Descola atteint la formule la plus achevée jusqu’à présent avec son Ecologie symbolique.

Néanmoins, à mes yeux, Descola ne donne pas un poids suffisamment important aux interconnexions entre le monde idéel (la culture) et le matériel (l’écosystème) (DESCOLA P., 2000, p. 78). La ligne que Descola laisse ouverte nous inspire donc, pour essayer de l’appliquer dans le genre d’analyses sur lequel porte traditionnellement l’Écologie conventionnelle. En effet, il y a peu de travaux concernant des analyses de l’Anthropologie de la Nature traitant de façon globale et détaillée les interrelations entre la Culture et la Nature, notamment dans un sens bidirectionnel, malgré leur puissante compréhension des systèmes symboliques qu’ils étudient et leurs possibilités de travailler conjointement avec des écologues.

Mots clés : Matérialisme, symbolisme, Anthropologie écologique.

[ALESSIO Filipe, Modèles écologiques dans les milieux urbains : défis interdisciplinaires pour comprendre les relations entre l’homme, le milieu ambiant et la biodiversité.

La représentation graphique des modèles explicatifs des dynamiques des écosystèmes est un outil très important pour l’écologie moderne. Ces modèles servent à montrer les interactions observées entre les composants physiques et biologiques de l’environnement et aussi à représenter de nouvelles hypothèses d’étude. Loin d’être une pratique généralisée des chercheurs en écologie, l’être humain devient de plus en plus présent comme partie intégrante dans les modèles écosystémiques. McDonnell et Pickett (1990) défendent désormais l’intégration de facteurs anthropogéniques pour l’analyse des relations écologiques entre l’homme et le milieu ambiant à travers les gradients rural-urbains. L’implication étroite de l’être humain avec les gradients rural-urbains suggère qu’elle pourrait être une situation sans égal pour incorporer les êtres humains comme sujets et variables pour des études écologiques. Nous voulons exposer à travers cette communication l’analyse des représentations graphiques des modèles écologiques extraits des études récentes menées dans des gradients rural urbains. Plus particulièrement nous nous sommes intéressés aux paramètres anthropogéniques utilisés dans les modèles et quelles étaient ses relations avec les autres composants des milieux urbains.

Mots clés : Modèles écologiques, gradients rural-urbains, urbanisation.

Seconde thématique : Gestion des ressources naturelles : quelle place pour les connaissances traditionnelles ?

GUIRAL Clarisse, Rôle de la pente dans la structuration du territoire en Éthiopie Centrale.

Ma thèse porte sur la diversité des jardins et des stratégies horticoles en Éthiopie Centrale. S’inscrivant dans une démarche ethnobiologique, mon travail consiste tout d’abord à cerner la façon dont les paysans d’Éthiopie Centrale conçoivent leur environnement et leur territoire, et, les pratiques qu’ils exercent sur eux. Travaillant le long d’un transect altitudinal, j’ai jugé opportun de m’interroger sur le rôle de la pente dans la structuration sociale et politique du territoire, et, sur l’organisation d’un réseau de complémentarité entre les étages altitudinaux. Mon intervention traite plus particulièrement du premier point. Le recueil du vocable amharique employé par les paysans a permis de relever toute une terminologie soulignant l’effet de la pente. La position et la distance de la maison ainsi que la pente sont des critères déterminants de catégorisation de l’espace. Aussi, le « pied de la montagne » (arähe), décrit par les paysans comme l’espace inhabité et dangereux, comme des « précipices » (gädäl) où seuls vivent les animaux sauvages, s’oppose à l’espace habité. Le long des pentes, chaque unité administrative a son arähe ; les habitants s’y rendent librement pour collecter du combustible et des ressources fourragères. Depuis l’établissement de plantations, ces terres de pente sont cependant investies différemment.

Mots clés : Ethnobiologie, catégorisation de l’espace, pente, Éthiopie.

ELOY Ludivine, Les systèmes locaux de gestion de l’agrobiodiversité dans le haut Rio Negro, Amazonie brésilienne.

La conservation de l’agrobiodiversité est une question préoccupante au Brésil, compte tenu de l’avancée de monocultures sur les espaces forestiers amazoniens. Face aux insuffisances de la conservation ex situ, on met en avant la nécessité d’une gestion dynamique, impliquant les communautés locales. Cette option revient à favoriser l’adaptabilité de systèmes de production qui reposent sur la diversité. En Amazonie, les amérindiens pratiquent pour la plupart l’agriculture d’abattis-brûlis. Les espèces cultivées sont majoritairement à reproduction végétative, si bien que la conservation de l’agrobiodiversité repose sur l’entretien d’une mosaïque paysagère hétérogène et sur l’obtention de nouveaux morphotypes auprès d’autres agriculteurs. Aux abords des centres urbains du haut Rio Negro, ils transforment leurs systèmes de production en fonction du contexte local. Quelle est la durabilité de leur agriculture ? Nous montrons que la multilocalité des unités de production entre ville et forêt permet de faire face à la concurrence pour l’accès aux ressources naturelles, tout en pratiquant des activités en ville. Les territorialités en réseau, impliquant des flux de matériel génétique, permettent de maintenir la complémentarité spatio-temporelle entre les parcelles cultivées. La résilience des systèmes amérindiens de gestion des ressources naturelles offre des perspectives pour l’aménagement du territoire et la conservation de la biodiversité en Amazonie.

Mots clés : Amazonie, urbanisation, système agraire, agrobiodiversité, innovation.

BACO Nasser, Dynamiques démographiques, culture cotonnière et agrobiodiversité : l’igname peut elle encore nourrir les paysans du nord du Bénin ?

L’igname représente la principale culture alimentaire du Nord Bénin, produite de nos jours dans un environnement très changeant marqué par le développement de la culture cotonnière, les migrations rurales et la croissance démographique urbaine soutenue depuis une trentaine d’années. Face à ces mutations contemporaines, nous nous interrogeons sur les conditions de conservation durable de cette plante traditionnelle. Comment peut-elle s’enrichir (cultivars et pratiques) à partir des flux migratoires et du boom cotonnier ?
L’étude a été conduite dans huit villages du Nord Bénin avec six différents groupes ethniques. Une méthodologie plurielle a été adoptée. Des techniques quantitatives et qualitatives basées sur des approches socio-économiques et géographiques et associant des données d’enquêtes et de recensement ont été utilisées.

Il apparaît que le développement cotonnier dans le Nord Bénin et les flux migratoires conduisent au développement du marché sur l’igname et du vivrier marchand. Ils agissent sur des niveaux de diversité différents, le premier sur l’échelle interspécifique et le second sur l’intra- spécifique. On observe une réorganisation de la répartition de l’agrobiodiversité dans les agrosystèmes du Nord Bénin. Malgré l’apparition de parcelles monospécifiques de coton, la grande majorité des paysans continuent à cultiver des espaces plurispécifiques où l’on observe une forte diversité incluant l’igname. Les Bariba et les Gando, groupes ethniques les plus anciennement attachées à la culture de l’igname demeurent encore aujourd’hui les meilleurs « véhicules sociaux » de sa diversité.

Mots clés : Agrobiodiversité, groupe ethnique, migration, Nord Bénin, vivrier marchand.

MEUNIER Alexis, Evolution de la relation à la nature dans les systèmes agraires au cours de la colonisation du sud de l’Amazonie équatorienne.

Dans le sud de l’Amazonie équatorienne, avant la colonisation, les Shuar pratiquaient une agriculture itinérante d’abattis, chassaient, péchaient et collectaient fruits et plantes, ce qui leur permettait de vivre en quasi-autarcie. Contrairement à l’opinion souvent exprimée sur les systèmes d’abattis itinérants, celui-ci était tout à fait durable. La colonisation, au cours du 20e siècle, conduisit à la généralisation de l’élevage bovin, tant chez les colons que chez les Shuar. Le système d’élevage mis en place requérant de grandes surfaces en fourrage, les prairies ont rapidement occupé la grande majorité des terres cultivables des vallées du piémont et une grande partie de celles de la plaine amazonienne. Depuis 20 à 30 ans, l’évolution des systèmes de culture et d’élevage ainsi que l’apparition d’alternatives laissent entrevoir une meilleure prise en compte de la durabilité. La “déforestation” de la zone d’étude est loin d’être une désertification. Peut-on pour autant parler d’un cheminement vers un nouvel équilibre entre homme et nature dans le cadre de systèmes agro-sylvo-pastoril ?
A partir d’une reconstitution historique des systèmes agraires, d’un point de vue agro-économique, nous tenterons d’expliquer l’établissement de systèmes durables ou non.

Mots clés : Economie agraire, Amazonie, colonisation, Shuar, élevage bovin.

ERAZO Manuela, Caractérisation sociale des populations d’éleveurs transhumans de la vallée de L’Elqui, Chili.

Le concept de la « caractérisation sociale », du point de vue des sciences sociales, suggère l’activation d’une série de critères de recherche sur le caractère descriptif et analytique. Il suppose le premier passage de l’approche à un objet d’étude, et permet aussi bien l’identification de futures problématiques de recherche, plus convenables et pertinentes avec un contexte social particulier. La communication aura par but d’exposer de manière synthétique les résultats du travail de terrain qui s’est déroulé pendant l’année 2006 dans la vallée d’Elqui, région de Coquimbo, Chili. L’axe fondamental était l’établissement d’un respect d’étude à l’état actuel des populations d’éleveurs transhumants de la commune de Vicuña, de trois matières spécifiques : éléments constitutifs de la structure productive de l’élevage, de la composition de l’unité domestique et les représentations identitaires mises en évidence par leurs conditions de vie (marquées par une logique de raison domestique). Comme critère transversal de la recherche, s’explique l’ensemble de transformations dans le système de vie du bétail, dérivés d’une série de dispositions de caractère micro (les systèmes de la possession, la gestion des ressources naturelles et le travail manuel familier) et le macro (introduction d’un modèle de production néo-libérale et de politiques dévoilées dans la zone).

Mots clés : transhumance, élevage de bétail, “interfluvios”, unité de production domestique, transformations structurelles.

Troisième thématique : Les effets des politiques publiques sur la gestion des ressources naturelles.

RECALT Christine, Entre la globalisation des politiques de l’eau et la satisfaction des nécessités locales : des aspirations compatibles ?

Ces trois dernières décades, les politiques de l’eau en Équateur ont été fortement influencées par les orientations économiques et financières souhaitées par les Institutions Financières Internationales (IFI) et mises en place par les gouvernements successifs. Les politiques macro-économiques appliquées à partir de 1982 dans ce pays, appelés programmes d’ajustements structurels, ont permis une plus grande ouverture commerciale aux marchés internationaux.

Un progressif changement s’opère alors dans la façon d’appréhender la ressource. Pour le secteur agricole, ces mesures doivent assurer l’augmentation de la productivité et de la production agricole, stimuler les exportations comme base de la croissance économique, améliorer les revenus des agriculteurs et garantir la sécurité alimentaire (World Bank, 1995).

Sur le plan local, ces transformations, ne sont pas pleinement acceptées par les usagers qui s’organisent pour trouver des alternatives à ces nouvelles stratégies économiques. L’exemple du projet de construction d’un réseau d’irrigation à Píllaro dans la province de Tungurahua illustrera ce phénomène.

Cette étude est réalisée au travers d’une analyse diachronique portant sur trois décades. Elle a pour objectif d’établir les relations qui existent entre les applications des théories économiques émises internationalement ; leurs implications sur le plan des politiques nationales et leurs conséquences au niveau local.

Mots clés : Politique de l’eau, programmes d’ajustement structurel, gestion sociale de l’eau.

MAMERIA Salah, Entre développement durable du secteur de l’eau et développement économique à Annaba (Algérie).

De nos jours le problème de l’eau est devenu une véritable préoccupation pour tous les pays, l’accès, la gestion, et la préservation des ressources hydriques doivent être intégrés dans une politique de développement durable afin de sauvegarder ces ressources pour les générations futures.

L’Algérie commence à mettre en œuvre une nouvelle politique nationale de l’eau, la création d’organismes et d’entreprises comme l’Algérienne des eaux (ADE) et agence nationale des barrages (ANB), démontre la violenté de la déconcentration du système de décision et vouloir donner à l’eau sa véritable valeur économique par la réforme du système de tarification. Le gouvernement intègre le secteur de l’eau dans la priorité de ses actions, la stabilité de l’approvisionnement en eau permettra un développement social et économique inestimable.

La wilaya d’Annaba fait partie du territoire algérien, situé au Nord Est, elle est connue pour sont activité industrielle (sidérurgie, agroalimentaire…), le tourisme et l’agriculture. Bien qu’elle se situe dans une région à forte précipitation par rapport à la moyenne nationale, le problème de l’eau y est toujours présent, il handicape l’activité économique et ne facilite pas la vie des citoyens par la pénurie et les coupures.

Mots clés : Gestion, développement, industrie, population.

[PALLUAULT Sebastien, L’approche de la gestion de l’eau d’irrigation dans la plaine de la Jeffara : entre orientations des pouvoirs publics et stratégies locales des agriculteurs.

Le processus de développement des périmètres irrigués dans la plaine tuniso-libyenne de la Jeffara s’est traduit par une profonde reconfiguration des espaces agricoles liée à la disparition programmée des oasis dans la frange littorale et la constitution de nombreuses exploitations dans l’arrière-pays. Porteur de changements importants en terme d’accès aux ressources naturelles et d’usages des milieux, il a favorisé un changement rapide des systèmes agricoles et des stratégies des acteurs locaux. Pierre angulaire du développement social et économique, la ressource en eau est porteuse, dans ce contexte de mutations territoriales et d’intensification agricole, d’opportunités intéressantes pour certaines catégories d’irrigants mais aussi de risques importants sur le plan de la dégradation des ressources en eaux. Le front agricole qui s’étend vers les espaces les plus arides, dépendants de ressources souterraines peu renouvelables, met aux prises des populations locales soucieuses d’améliorer leurs revenus et des pouvoirs publics, qui cherchent à concilier le développement d’espaces marginaux avec une certaine durabilité des ressources.

En illustrant la profondeur des enjeux sociaux, économiques et environnementaux que connaît actuellement la Jeffara à travers l’extension des surfaces irriguées, notre contribution s’inscrit dans les réflexions entourant les relations entre pouvoir national et populations locales autour de la gestion de l’eau. Mise en perspective sur un espace s’étendant sur deux pays, notre approche permet de distinguer différentes formes de relations, aboutissant à des stratégies et trajectoires sensiblement différentes sur le plan hydro-agricole.

Mots clés : Ressources en eaux – Agriculture - Espace aride – Politiques publiques – Développement rural.

HANAFI Ali, Préservation des ressources ou développement des sociétés rurales ? Quels enjeux socio-économiques et environnementaux ? Cas de la végétation en Jeffara (Sud-Est tunisien) ?

Le milieu naturel actuel de la Jeffara représente aujourd’hui un espace de plus en plus fragmenté et hétérogène. Cette situation est due à l’accélération de sa dynamique et la dégradation de ses ressources suite aux transformations de son environnement économique et social. L’évaluation de cette dynamique spatiale a montré (i) une nette dégradation de la végétation naturelle entre 1972 et 2001 de 38% (ii) accompagnée par une dégradation de la qualité des parcours (dégradation de la valeur pastorale et changement de la physionomie des steppes) au profit (iii) des cultures dont la superficie a augmenté de 617%. Le croisement des ces résultats avec les systèmes de production agropastoraux utilisateurs de ces milieux (enquête socio-économique), a montré que cette emprise agricole s’est effectuée sur des terrains fragiles et à faibles potentialités. Toutefois, elle a émané d’une légitime aspiration des populations locales à un développement économique et social.

Mots clés : Steppe - Emprise agricole - Dégradation - Systèmes de production agropastoraux - Sud tunisien.

Quatrième thématique : Les stratégies marchandes issues de la culture de produits animal et végétal.

NUZZO Vanessa, Conservation de la biodiversité agricole ou opération « commerce équitable » ? Des pommes de terre boliviennes dans les assiettes suisses.

A l’heure de la mondialisation, que des pommes de terre boliviennes « bio » et « gourmet » se retrouvent bientôt dans les assiettes de certains consommateurs suisses n’a rien de surprenant. Or ce marché est le fruit d’une négociation originale visant « l’accès aux ressources génétiques et le partage juste et équitable des avantages issus de leur exploitation ».

C’est pour mieux protéger et tirer profit de son importante biodiversité que la Bolivie s’est dotée d’une législation sur l’accès aux ressources génétiques et aux « savoirs traditionnels associés », transcrivant de façon détaillée la Convention sur la diversité biologique.

Ce cadre juridique est reconnu comme avancé au niveau international, mais la faiblesse de son application montre les nombreuses limites, contraintes et zones de flou. On peut alors s’interroger sur les raisons du « succès » de l’unique contrat issu de ce système actuellement : un accord entre le gouvernement bolivien et la Fédération suisse de supermarchés MIGROS pour l’accès à cinq variétés de pommes de terre. Ce cas semble d’autant plus atypique que les ressources phytogénétiques utiles à l’agriculture et à l’alimentation sont normalement régies par le traité international de la FAO. L’objectif est-il de participer à la conservation de la biodiversité ? Ou cet accord s’apparente-t-il plus à une opération « commerce équitable » ?

Mots clés : Biodiversité agricole, accès aux ressources génétiques, partage des avantages, commerce équitable, Bolivie.

CESARD Nicolas, Echanges marchands et prix de la fiancée chez les Punan Tubu, Kalimantan Est, Indonésie.

Ancienne population nomade, les Punan se sont tardivement sédentarisés sur les rives des grandes rivières de l’intérieur de Bornéo. L’ouverture sur l’aval, et en particulier, l’accélération sur plus d’un siècle du commerce des produits forestiers non ligneux sur la rivière Tubu a durablement transformé le système matrimonial punan et les relations des différents bandes avec l’extérieur. La reconstitution sociohistorique montre l’évolution des échanges et l’émergence de nouveaux biens, l’influence déterminante des groupes ethniques voisins et l’adoption de prestations matrimoniales complexes. La compétition actuelle sur les ressources, doublée de la baisse générale de la demande en produits forestiers non ligneux, fait que les Punan associent aujourd’hui, et peut-être davantage que par le passé, le commerce des produits forestiers au règlement de ces prestations. L’article reprend et analyse la relation de continuité soulignée par les Punan entre les échanges commerciaux passés et le « prix » actuel de la fiancée.

Mots clés : Produits forestiers, commerce, prestations matrimoniales, mariage, changement social.

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