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Vies citadines

Elisabeth Dorier Apprill et Philippe Gervais Lambony Eds.
Belin Editions 2007

Cet ouvrage est le fruit, original, d’une écriture et d’une réflexion collectives de quinze chercheurs et enseignants-chercheurs de diverses disciplines et institutions, travaillant à partir de terrains très variés, du Nord comme du Sud, sur ce qui fait la ville aujourd’hui pour ceux qui l’habitent. Il entend répondre au discours commun sur l’évolution univoque des organismes urbains dans le contexte de la mondialisation, comme à l’inquiétude suscitée par ce que seront les villes du XXIe siècle.

Les textes présentés analysent, à travers l’observation des vies citadines, les interactions contemporaines entre les recompositions spatiales et sociales urbaines. Ils proposent des éléments de réponse aux débats actuels se rapportant à la question de la dissolution de la ville dans l’urbain, à la déconnexion, annoncée par certains, des liens entre citadinité et urbanité, ainsi qu’à la notion de fragmentation urbaine.

À l’image de certaines rues de nos villes, le plan de l’ouvrage invite plutôt à la flânerie. À chacun donc son itinéraire citadin au fil des pages. Ce qui fait le lien d’un texte à l’autre, c’est la recherche com­mune de ce qui fait ville malgré tout, pour le meilleur ou pour le pire.


Extrait du livre : Arriver en ville

Les villes du Nord comme du Sud ont, en grande partie, été édifiées par des migrants, ruraux ou originaires d’autres villes. Même si ces migrations peuvent être aujourd’hui résiduelles, comme elles le sont dans l’essentiel des pays « riches », il n’en demeure pas moins que nombreux sont les itinéraires caractérisés par une rupture fondamentale : celle de l’établissement résidentiel en ville, voulu définitif même s’il n’exclut pas les aller et retour, réels ou imaginaires, vers le lieu d’origine. Ce moment fondateur nous révèle les stratégies et les réseaux mobilisés par ces nouveaux venus, mais aussi qui suivent l’installation, souvent marqués par l’incertitude, les compromis, l’expérimentation de la ville. Nous voudrions insister ici sur la diversité des « itinéraires pionniers » et sur les compétences qu’ils mobilisent.

La lecture des migrations de la campagne vers la ville, d’une ville du Sud vers une ville du Nord, ou d’un pays du Sud vers un autre, est souvent indexée au registre de la « nécessité ». Aller en ville, c’est d’abord à n’en pas douter - les récits des migrants en témoignent - aller y gagner sa vie. C’est quitter un contexte de pauvreté, de stigmatisation, éventuellement de violence, pour un avenir espéré meilleur. À cet espoir d’une vie meilleure, il faut ajouter une dimension que bien des analystes des migrations occultent dans leur analyse des motivations des migrants : c’est le « goût de l’aventure », comme le nomme joliment Colette Pétonnet (2002) à propos des Portugais et Espagnols des années 1950-1970, habitants des bidonvilles de la région parisienne. On vient en ville, et ici en France, poussé par la curiosité, parce que le monde est à découvrir.

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