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Relectures locales de politiques « de développement » mondialisées. Le cas des programmes éducatifs en Afrique de l’Ouest.

Mardi 6 mai 2008, présenté par Sophie Lewandowski, LPED, Marseille

Résumé

Les politiques éducatives se formulent aujourd’hui de plus en plus au niveau international. Dans les pays du Sud en particulier, les différents bailleurs de fond (Banque mondiale, UNESCO, coopérations ?) de la politique de l’Éducation pour tous (EPT) tendent à proposer des solutions relativement homogènes pour développer l’instruction. Mais cette homogénéisation s’apparente à consensus de surface car, à chaque échelle (régionale, nationale, locale), les concepts et les outils de ces politiques sont renégociés en fonction des significations et des intérêts propres à chaque partie prenante (bailleurs, États, ONG, communautés, familles, enseignants, élèves, etc.). Cette situation contradictoire d’homogénéisation de discours et de diversité des modes d’appropriation est à l’origine de nombreux détournements de réformes ; mais aussi de phénomènes sociaux et culturels nouveaux. En particulier, les politiques éducatives et leur mise en œuvre aléatoire créent des phénomènes de métissages inédits de modèles sociaux et cognitifs.

Au Burkina Faso, on peut observer, par exemple, que de jeunes hommes, initiés et formés de manière coutumière dans des camps de circoncision, apprennent ensuite à lire et à écrire dans un centre d’alphabétisation, rejoignent une école primaire d’ONG bilingue censée promouvoir les savoirs locaux et intègrent enfin le lycée publique en français où sont diffusés essentiellement des savoirs scolaires normés. Dans ce type de cas, les stratégies éducatives des familles et les modes de conciliations des savoirs acquis sont assez éloignées des prévisions des programmes de scolarisation étatiques. Elles dépendent de contraintes matérielles et de représentations spécifiques de l’éducation qui divergent de celle des bailleurs déclarant pourtant agir selon des « processus participatifs ».

Pour examiner ces phénomènes, ma thèse a porté sur la prise en compte des savoirs locaux dans les différents dispositifs de l’éducation de base au Burkina Faso. Mes travaux actuels concernent les politiques éducatives de « lutte contre la pauvreté » : leurs propositions en termes de « prise en compte des savoirs locaux » et d’« approche par les compétences » et leurs renégociations au niveau local (Sénégal).

Après une présentation de ces travaux, un débat sera lancé sur les modes d’appropriation et de relectures locales de programmes de recherche ou de développement que chacun a pu examiner, ainsi que sur le rôle des représentations et des savoirs locaux dans ces relectures.

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