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Migrations de transit, migrations de retour. Quelles réalités sur les deux rives du Sahara ?

Vendredi 6 juin 2008. Présenté par Mahamadou Zongo, Sylvie Bredeloup, LPED

Résumé

Dans le cadre de travaux menés en partenariat (« Migrations internationales et Reconfigurations Territoriales Afrique de l’Ouest – Sahara » (MIRTAS) , Sylvie Bredeloup (IRD/UMR LPED) et Mahamadou Zongo (Département de Sociologie de l’université de Ouagadougou interrogeront tour à tour les notions de migration de transit et migrations de retour à partir de recherches menées sur des terrains africains. Cette réflexion constitue un préalable pour avancer dans la compréhension des recompositions sociales et territoriales générées par des formes migratoires dissemblables (migration de transit, retour de migration) et selon des temporalités différentes (installation provisoire/durable ; retour anticipé/en catastrophe).

La migration de transit n’est pas un phénomène complètement nouveau sur la planète. Ce qui est inédit en revanche, c’est qu’elle soit perçue ou présentée comme nouvelle par les experts internationaux. En ré-enchantant le caractère provisoire de la migration, ceux-là réintroduisent le principe d’incertitude dans les parcours migratoires et alimentent la confusion entre marginalité sociale et précarité temporelle, entre illégalité, criminalité et transit. Pourtant aujourd’hui, les ressortissants de l’Afrique subsaharienne rencontrés sur l’autre rive du Sahara sont qu’une minorité à vouloir continuer la route jusqu’en Europe. Les plus nombreux entendent bien travailler dans les pays du Maghreb de façon durable et les migrants frontaliers souhaitent continuer à y intervenir de façon saisonnière. Une fois encore, ce serait travestir la réalité que de vouloir résumer la figure du migrant en transit à celle de la victime des passeurs bloquée sur une pirogue au large de Lampedusa ou à celle du nomade à la tête d’entreprises mafieuses organisant avec brio les passages de marchandises et de clandestins à l’échelle régionale. Dans l’espace saharien, les passagers subsahariens laissent des traces dont Sylvie Bredeloup essaiera de rendre compte avant qu’elles ne s’effacent totalement, avant que les États comme les migrants eux-mêmes contribuent pour des raisons différentes à leur disparition.

Quant aux retours vers le pays d’origine, ils peuvent prendre des formes plurielles ; au Burkina Faso, pays caractérisé par une très forte émigration internationale de ses ressortissants, on peut noter au cours des deux dernières décennies : le retour précipité de chômeurs installés à Abidjan, la réinstallation dans les régions rurales de l’ouest burkinabè de migrants décidés à rentabiliser des activités agricoles ou à développer un commerce, un atelier et l’accueil dans la famille des enfants nés en Côte-d’Ivoire qui avaient dans un premier temps accompagné leurs parents en migration. En Côte d’Ivoire, les tensions ayant débuté depuis longtemps, certains migrants burkinabè avaient déjà redéployé progressivement leurs activités au Burkina tout en conservant une assise sur le territoire ivoirien. Tout dernièrement, alors que la crise ivoirienne s’est exacerbée, les retours catastrophes se sont multipliés et la catégorie « rapatrié » a émergé. Préparés ou opérés dans l’urgence, ces retours génèrent irrémédiablement une mutation des espaces urbains réinvestis par les migrants mais aussi des transformations dans les rapports à l’autorité, à la tradition, à l’argent, au travail, à la société locale que Mahamadou Zongo présentera ici rapidement.

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