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La fabrique des politiques migratoires et les contributions de la société civile en Méditerranée

Jeudi 3 avril 2014

Jeudi 3 avril 2014, de 9h30 à 13h00

Salle de réunion du LPED - Bâtiment 8, 3e étage

Aix-Marseille Université, Centre Saint Charles,
3 place Victor Hugo, Marseille

Les recherches sur les migrations entre l’Afrique subsaharienne et le monde arabe menées au LPED depuis une dizaine d’années ont permis de comprendre et de mesurer l’investissement des migrants dans certaines villes méditerranéennes tant à travers l’urbain, l’économique, le social que le religieux. Elles ont également montré que des acteurs, des intermédiaires religieux, associatifs mais aussi des institutions publiques et privées comme des universités, des institutions religieuses, des ONG confessionnelles ou encore des organismes internationaux s’investissent sur ces routes migratoires afin de capter une manne potentielle. Si la question des politiques migratoires qui tentent d’ordonner et de contrôler les flux est toujours présente dans les recherches que nous menons nous pensons qu’il est bon de s’y attarder car cette question politique et juridique est une des clefs des constructions sociologiques que nous observons. Pour en débattre nous avons invité trois spécialistes qui nous présenteront leurs travaux.

Le séminaire s’articulera autour de trois interventions :

« Développement juridique et mobilités en Méditerranée : la fabrique de tous les possibles » par Delphine Perrin, chargée de recherches – Action Marie Curie – au CERIC, AMU

De l’érection de l’Europe forteresse dans les années 90 à celle d’un Maghreb sentinelle dans les années 2000, un développement juridique considérable a accompagné l’évolution des politiques migratoires des deux côtés de la Méditerranée. Le droit s’est pourtant révélé à double titre dévalué : simple instrument de politiques semblant suivre un processus inexorable et mondialisant de gestion des migrations, il se révélait par ailleurs absent de nouvelles pratiques publiques ou privées découlant de ces politiques. Or, les spécificités juridiques à l’échelle nationale ainsi que de nouvelles incursions du droit en Méditerranée rappellent la richesse, la complexité et le perpétuel renouvellement des forces qui interagissent dans la fabrique du droit régissant les mobilités et en font un processus vivant ancré dans les sociétés.

« Le Maroc à l’épreuve des revendications des migrants étrangers : du droit de la mobilité à celui de l’intégration ? » par Mehdi Allioua, Sociologue, Professeur Assistant Sciences-Po Rabat, Université Internationale de Rabat, Directeur adjoint du LEPOSHS

Le Maroc est devenu une étape clé pour les migrants subsahariens qui cherchent à quitter le continent africain ou de nouvelles destinations. La durée de l’étape n’étant pas fixée à l’avance, ils ont besoin de se loger, de travailler et d’obtenir toutes sortes d’informations nécessaires à la poursuite de leur aventure. Dans les grandes villes du royaume chérifien où ils font halte, les migrants trouvent des relais sociaux essentiels auprès des migrants installés précédemment ou de la population locale. Ainsi se met en place un tissu économique fondé sur la débrouille et la circulation. Et depuis peu, ces migrants ont dû trouver les ressources nécessaires pour défendre leurs droits face aux répressions qu’ils subissaient. Leurs revendications principales étaient celles du droit à la libre-circulation et du droit à la dignité. Mais, en lançant une campagne de régularisation administrative qui s’inscrit dans sa politique dite « d’ouverture » où il s’est engagé fortement (notamment avec sa nouvelle Constitution), à promouvoir les droits de l’Homme, à lutter contre les discriminations et à reconnaitre « ses » différences culturelles, le Maroc à ouvert la voie à de nouvelles revendications. Les recompositions sociales et culturelles y sont alors en interaction avec les diverses circulations vers et depuis le Maroc : avec la globalisation il y a bien un enjeu politique des mobilités. Si nous savons que cet enjeu se recompose autour des liens entre le Maroc et sa diaspora, nous proposons ici de réfléchir sur celui qui s’élabore autour de l’installation de populations étrangères, de l’altérité et du cosmopolitisme qu’il s’agira d’aborder d’un point de vue dynamique : à partir des mouvements sociaux de lutte contre les discriminations, des mouvements de « sans papiers » et de défense des étrangers.

« Cadre de la coopération UE-Egypte en matière de politique migratoire et implications de la législation nationale pour les migrants étrangers, demandeurs d’asile et réfugiés » par Marie-Dominique Aguillon , Sociologue, Cimade, membre du programme Ecomig

L’Egypte a la volonté d’accompagner voire de contrôler l’émigration de ses ressortissants ; elle s’est dotée pour cela d’un cadre politique incitatif à l’égard de sa diaspora. Qu’en est-il de l’Egypte en tant que pays hôte ? Il s’agira dans un premier temps de poser le cadre de la coopération existante avec l’UE et les Etats-membres puis de donner à comprendre les implications du cadre légal existant pour les migrants demandeurs d’asile et réfugiés en Egypte.

Contacts :

Sophie Bava, anthropologue, chargée de recherches, LPED, IRD/AMU , Marseille, sophie.bava ird.fr

Amélie Salmon, communication.lped ird.fr

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