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CIMAMA

Circulations migratoires et reconfigurations territoriales entre l’Afrique subsaharienne, le monde arabe et l’Asie.

Mots clés

Mobilités, migration africaine, migration d’aventures, transit, retour, rapatriement, recompositions urbaines, politiques migratoires, figures de migrants, imaginaires de la mobilité, de l’immobilité, circulations religieuses

Thématique(s) de recherche

  • Pluralité des profils migratoires, labilité des carrières de migrants dans l’espace africain au regard des perceptions déformées et idéologiques du phénomène migratoire, féminisation de la migration en question
  • Migration, aventure et imaginaires : considérer l’aventure migratoire comme cadre interprétatif possible pour rendre compte du désir intense des migrants d’exister autrement et ailleurs que sur les chemins attendus. Identifier les imaginaires migratoires convoqués ainsi que le recours au religieux pour légitimer les départs, les transits et les retours.
  • Poids et effet de la mobilisation de la société civile dans l’appropriation de la question migratoire : rôle des organisations citoyennes dans l’animation des politiques migratoires, rôle des organisations religieuses et d’origine confessionnelle dans l’accompagnement des migrants.
  • Migrations, villes et commerce : appréhender les rôles des entrepreneurs-migrants dans la construction ou revitalisation des formes marchandes (commerce à la valise, bazar, comptoir…), dans la création d’un marché religieux et dans les transformations socio-spatiales des villes.

Résumé

Si l’Afrique est une terre d’émigrations, elle devient aussi une terre d’immigrations. L’équipe se propose d’analyser ce qui sous-tend ce changement de perspective. Des Africains migrent à l’intérieur du continent, entre les deux rives du Sahara ou rentrent dans le pays de leurs ancêtres dans le cadre de retours volontaires ou forcés. D’autres encore explorent toujours plus loin de nouvelles places marchandes en Asie, s’installant durablement à Dubaï, Guangzhou ou multipliant les voyages, participant à une redéfinition des contours de la mobilité spatiale (navettes, visites, voyages à l’essai, itinérance, migration circulaire...) et permettant d’envisager les retours au pays comme des étapes parmi d’autres dans un mouvement continu. Dans le même temps des commerçants chinois, des jeunes Européens au chômage, des seniors à la recherche d’une retraite dorée s’aventurent en terre africaine, nous conduisant à revisiter la question de l’étranger et de l’hospitalité et à élargir les catégories habituellement utilisées.
Sur ces routes migratoires, en lien avec une recomposition de l’offre de transport mais aussi du redéploiement des bornes religieuses et du durcissement des politiques migratoires, de nouvelles directions se profilent (Amérique Latine), des carrefours migratoires émergent ou sont réactivés dans leurs fonctions de transit. L’émergence de ces nouveaux dispositifs migratoires remet en question les hiérarchies urbaines existantes. Les figures de migrants qui empruntent ces itinéraires sont aussi multiples, souvent hybrides – commerçants, trafiquants, étudiants, sportifs, cheikhs itinérants, réfugiés, clandestins, expatriés, rapatriés – et renseignent sur la fluidité des mécanismes identitaires, sur la porosité des statuts juridiques. Migrations pour raisons économiques, politiques ou existentielles, ces catégories sont également à réinterroger à mesure que les parcours se prolongent et que les expériences se complexifient. La migration des uns peut aussi être synonyme de ressources pour les autres : le rôle des acteurs, issus principalement de la société civile, qui conseillent, transportent ou financent les migrants, qui tentent d’organiser leurs départs ou à l’inverse les empêcher de partir, qui captent la rente migratoire en chemin ou au retour, qui s’efforcent d’être partie prenante des décisions prises par les instances en charge de la gestion de la migration sont également à documenter. Ce sont des migrants de l’extérieur regroupés en collectifs mais ce sont aussi des ONG, des acteurs religieux qui se mobilisent, proposent des alternatives face aux diktats des organismes internationaux ou encore qui prennent part aux négociations bilatérales ou multilatérales engagées pour une nouvelle gouvernance des migrations africaines. Les travaux s’efforcent également d’appréhender l’évolution des comportements ou modèles migratoires en la mettant en perspective avec les politiques publiques migratoires élaborées à l’échelle nationale, en lien avec les institutions régionales et internationales.

Méthodologie

Le comparatisme constitue le mode d’appréhension des problématiques ; on associe comparaison convergente (comparer les pratiques des migrants ressortissants d’un même pays installés dans une multitude de lieux-carrefours) et comparaison divergente (comparer les pratiques de migrants d’horizons différents installés dans un même lieu d’immigration)

L’observation combinée des recompositions territoriales (entendues au sens de transformation de l’habitat - extension, densification, embellissement -, de construction d’infrastructures routières, de mutation du commerce - implantations de marchés, boutiques, rues commerçantes -) et des recompositions sociales (solidarités mobilisées par les acteurs de la migration, regroupements effectués, innovations réalisées) doit déboucher sur la construction d’une typologie des mutations socio-spatiales générée par les mouvements migratoires.

Personnes impliquées

Chercheurs LPED : Sophie Bava, Sylvie Bredeloup
Chercheurs associés : Mehdi Allioua, Aly Tandian, Dorte Thorsen, Mahamadou Zongo
Doctorants : Issa Abdousalami, Célia Lamblin, Dimitri Lompo
Post-doctorant associé : Régis Minvielle
Contractuelle : Marie-Dominique Aguillon

Partenaires

GERMS (Groupe d’Etudes et de Recherches sur les Migrations) de l’Université Gaston Berger de Saint-Louis au Sénégal
LEPOSHS (Laboratoire d’Etudes Politiques et de Sciences Humaines et Sociales) de l’Université internationale de Rabat
LSME (Laboratoire Sociétés, Mobilités, Environnement) de l’Université de Ouagadougou
IPAR (Initiative Prospective Agricole et Rurale)

Aix-Marseille Université,
Centre St Charles, case 10
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