Accueil / Recherche / Usages et gestion des ressources naturelles / Programmes achevés / BioPerSan

BioPerSan

Biodiversité, périurbanisation et santé publique : cas des micromammifères néotropicaux et de leurs parasites

Ce projet correpond à la thèse de Filipe Alessio

Mots clés :

richesse spécifique, rongeurs, marsupiaux, fragments forestiers urbains, Recife, Brésil.

Thématique(s) de recherche

déterminisme de la biodiversité via une de ses composantes, la richesse spécifique. Modification anthropique des milieux et des communautés régionales d’espèces.

Résumé

Le projet porte sur la caractérisation des communautés de micromammifères (rongeurs et marsupiaux) sur un gradient d’urbanisation depuis la périphérie sauvage vers le centre urbain de la commune de Recife (Pernambouco) dans laquelle persiste des fragments forestiers. Si les attendus théoriques sont relativement clairs d’une simplification des communautés par paupérisation des espèces rares ou spécialistes et prolifération des généralistes, rien n’est documenté des effets potentiels sur les communautés de parasites que ces espèces de mammifères véhiculent.

Quelques travaux récents montrent pourtant que ces micromammifères s’avèrent souvent représenter les réservoirs sauvages de maladies humaines graves que sont par exemple les leshmanioses pour des parasites eucaryotes, la fièvre Q pour des parasites bactériens ou encore les dengues pour des parasites viraux. Ainsi via la documentation des variations locales des communautés de micromammifères et de leurs parasites, le projet se donne comme but de caractériser le risque associé à la transmission favorisée potentielle de certaines maladies humaines.

Méthodologie

9 fragments forestiers situés sur un gradient d’urbanisation depuis les milieux ruraux, périurbains vers le centre de la ville de Recife sont échantillonnés par un piégeage standardisé au sol et en hauteur. Les microenvironnements forestiers locaux sont caractérisés. La structure et composition des communautés de micromammifères et de leurs parasites sont corellées à la structure de la matrice paysagère environnante. Les espèces seront caractérisées via des traits d’histoire de vie pour essayer de mettre en évidence de la sélection de traits par le contexte d’urbanisation.

Principaux résultats

L’effort de piégeage de 25 231 nuits-pièges, inégalé dans la région, a permis de capturer 431 individus appartenant à 20 espèces différentes. Lesuccès moyen de piégeage est de 1.6% avec une grande variance due notamment à la pullulation du rongeur Thrichomys laurentius dans un des fragments. La communauté des micromammifères de ces fragments se caractérise par l’abondance d’espèces généralistes comme Didelphis albiventris, Micoureus demedarae et Marmosa murina. Si le peuplement des marsupiaux reste relativement homogène entre les fragments, celui des les rongeurs s’avère très variable, une espèce différente dominant le peuplement pour chacun des fragment. Si la faune mammalienne locale était très largement sous documentée, la faune de leur parasite était totalement méconnue. Ainsi une partie de l’originalité du travail a consisté par exemple à documenter que l’espèce de tique Ambyomma fuscum jusqu’alors considérée comme très rare s’avère être la plus abondante de notre jeu de donnée. Encore fallait-il échantilloner ses hôtes que sont l’ensemble des petits mammifères puisque cette espèce de parasite semble très généraliste pour ses stades larvaires et nymphaux alors qu’elle n’était documentée à l’état adulte que chez les reptiles. L’analyse de la prévalence des différentes espèces de tique a montré qu’elle était maximale dans les fragments les plus hétérogènes (notamment pour ce qui concerne la strate herbacée) et les plus impactés par l’homme. Les très fort taux de capture de l’espèce de rongeur Thrichomys laurentius ont permis de caractériser l’interaction avec son espèce de tique principale : Ambylomma fuscum. Ce système hôte-parasite répond aux lois générales du parasitisme en manifestant une distribution agrégée (très peu d’individus hôtes concentrent la quasitotalité des parasites) et un biais sexuel très fort en faveur des mâles. Les espèces Trichomys laurentius Akodon cursor et Didelphis albiventris affectées par les tiques sont positives respectivement à 64%, 81% et 70% aux rickettsioses communes. Or certaines espèces (Trichomys, Didelphis) peuvent représenter des ponts épidémiologiques importants avec l’homme comme elles fréquentent les fragments les plus urbains et/ou limitrophes des zones rurales. Aussi l’espèce Didelphis albiventris, la deuxième la plus commune des espèces de ces fragments et de loin la plus anthropophile s’est avérée vectrice des parasites suivants : Leshmania amazonensis, Toxoplasma gondii et Staphylococcus aureus. Ainsi il s’avère crucial pour comprendre l’épidémiologie de ces maladies que de tenter d’échantilonner non plus uniquement dans les fragments forestiers mais bien dans leur bordures et dans la matrice paysagère adjacente.

Publications acceptées

  • ALÉSSIO F.M., BOURSE L., DOMINGUEZ P. 2008. Approcher la nature – Regards Disciplinaires Croisés. Compte Rendu des deuxièmes journées des doctorants du LPED. Nature Sciences et Sociétés 16:373-375.
  • MARTINS T.F., DANTAS-TORRES F., NIERI-BASTOS F.A., MARCILI A., DE SIQUEIRA D.B., ALÉSSIO F.M., MAUFFREY J-F., DA SILVA J.C.R. AND LABRUNA1 M.B. 2009. Host records for the immature stages of Amblyomma fuscum (Acari : Ixodidae), a rare south american tick species. September 2009 : Vol. 120, Issue 4, pg(s) 370-374.
  • SIQUEIRA, D.B. ; ALÉSSIO, F.M. ; MOTA, R.A. ; MARVULO, M.F.V. ; MAUFFREY, J-F. ; MONTEIRO, S.R.D. ; FARIAS, R.C. ; CUNHA, R.C.S.C. ; OLIVEIRA, R.F. ; SOUZA, T.C.N.R. 2010. Staphylococcus aureus mastisis in white-eared opossum (Didelphis albiventris) in the Atlantic forest of Northeast Brazil. Journal of Zoo and Wildlife Medicine : September 2010, Vol. 41, No. 3, pp. 526-529..

Personnes du LPED impliquées :

Filipe Alessio, Jeff Mauffrey

Portfolio

OSU IRD Logo Labex Med MedLabex Fédération ECCOREV Mediter

Top