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ReSo : Réseaux sociaux et Santé à Niakhar

Face aux difficultés méthodologiques et logistiques liées de l’étude des réseaux sociaux, ce projet propose une méthodologie innovante qui s’appuie sur la reconstitution des réseaux sociaux en reliant les enquêtés et les membres de leurs réseaux avec des données longitudinales préexistantes.

Mots clés

Réseaux sociaux, comportements de santé, diffusion

Thématique de Recherche

La recherche sur les réseaux sociaux se heurte à certaines difficultés méthodologiques et logistiques liées au fait que les réseaux sociaux peuvent être larges et qu’il est difficile de recueillir les informations sur chacun des membres des réseaux. La taille des réseaux que l’on enregistre dans les enquêtes est généralement limitée par des contraintes logistiques ; les caractéristiques des membres des réseaux sont recueillies seulement auprès de la personne enquêtée et manquent d’objectivité.

L’originalité de cette étude est de proposer la reconstitution des réseaux sociaux en reliant les enquêtés et les membres de leurs réseaux avec des données longitudinales de santé préexistantes de haute qualité recueillies prospectivement. L’articulation de l’enquête de réseaux au système de suivi démographique et de santé de Niakhar permet de repousser les limites de la conception des réseaux conventionnels dans plusieurs directions et de proposer plusieurs innovations méthodologiques

Objectfs

Objectif principal

Etudier les réseaux sociaux dans toute leur ampleur (nombre illimité d’alters à travers de multiples types de liens) et mesurer le rôle de ces réseaux sur les perceptions, les représentations et les comportements en matière de santé.

Cette étude vise en outre à proposer des améliorations méthodologiques et à développer une méthodologie pouvant être répliquée dans d’autres sites de suivi démographique.

Objectifs spécifiques

  • Décrire les systèmes de représentations relatives à la maladie, au traitement médical, au recours aux soins dans une approche anthropologique : quels états physiques sont considérés comme sains et malsains ? quelle est l’étiologie de la maladie ? comment est perçue la probabilité d’une guérison ? quand et pour quels types de situations il convient de rechercher un type particulier de soutien (familial, médecine traditionnelle, médecine moderne ou surnaturelle, par exemple) ?
  • Reconstituer les réseaux des individus échantillonnés (2500 personnes) et identifier les membres des réseaux dans la base de données et mesurer l’effet des comportements de santé des membres du réseau (alter) sur les comportements de santé de l’individu (égo) (lieu d’accouchement, utilisation de moustiquaires, etc…)
  • Evaluer les biais inhérents aux méthodes classiques de mesure des réseaux en testant sur un sous-échantillon (300 personnes) la validité des questions sur les caractéristiques et les comportements des alters.
  • Tester la réciprocité des relations en interrogeant un échantillon d’alters (500 personnes)

Méthodologie

Le système de surveillance, géré depuis 1965 par l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD) dans la région de Fatick au Sénégal, couvre aujourd’hui une population de plus de 40 000 personnes réparties dans 30 villages. Le système de suivi rassemble des données sur différents phénomènes démographiques et de santé qui gagneront à être replacés dans la perspective des réseaux sociaux. Des données concernant la reproduction (grossesses, visites prénatales, sevrage, naissances/mort-nés/fausses couches, circonstance de l’accouchement) ont été recueillies depuis 1983. Le système de surveillance recueille également des données sur la vaccination des enfants et des mères, les moustiquaires imprégnées, ainsi que des données concernant la mortalité. Le rôle des réseaux sociaux peut aussi être mesuré dans d’autres domaines ayant des relations significatives à la santé, tel que les mouvements migratoires temporaires et à long terme, le confiage des enfants ou la scolarisation.

Une étude pilote à la fois qualitative (5 groupes de discussion et 24 entretiens) et quantitative (100 personnes enquêtées) a été menée en 2007 afin de tester la méthodologie de collecte et la capacité à identifier les membres des réseaux (86% des alters cités sont résident de la zone d’étude).

Une enquête qualitative sera menée par un anthropologue au cours de la première année. 120 entretiens individuels doivent être menés et enregistrés. Ils aborderont différentes questions relatives à la santé et au bien-être. Ils viseront à identifier les systèmes de représentions et de perception liés à la santé, à la maladie, et aux traitements médicaux. Les entretiens seront transcrits. Ils seront ensuite analysés à l’aide du logiciel d’analyse de données qualitatives MaxQDA.
L’enquête principale se déroulera en année 2. Elle porte sur 2500 individus qui seront interrogés à l’aide d’outils qui permettront de recueillir les membres de leurs réseaux de manière suffisamment précise pour les identifier dans la base de données s’ils sont résidents de la zone d’étude. Les questions permettant de générer les listes des membres des réseaux seront conçues sur base des résultats de l’enquête qualitative. Un pré-test du questionnaire sera mené sur 50 personnes. Les enquêtes seront menées à l’aide de Tablet PC.
Trois cent 300 individus seront ré-enquêtés en année 3 afin de vérifier la stabilité des réseaux déclarés dans le temps. Outre les membres de leurs réseaux, les individus seront interrogés sur leur perception de certaines caractéristiques des membres de leur réseau. Ceci permettra, par comparaison avec les caractéristiques du suivi démographique de mesurer les biais inhérents à la collecte des informations sur les alters dans les collectes classiques des réseaux sociaux.

Une autre enquête sera menée en année 3 auprès de 500 alters. Cette enquête vise à mesurer la réciprocité des liens.

L’échantillon de l’enquête principale (2500 personnes) sera ré-enquêté en année 4. L’objectif sera alors de mesurer l’évolution des réseaux et d’analyser l’effet de ces changements sur les comportements de santé.
Cette étude est très innovante dans la recherche sur les réseaux sociaux. Elle offre en outre un potentiel d’analyse important qui permettra de grande avancée dans la compréhension des comportements de santé.

Personnes du LPED impliquées dans le projet

Valérie Delaunay et Richard Lalou

Partenaires

  • IRD/UMR198 Urmite
  • Maryland University (Investigateur Principal)
  • MacGill University
  • Université de Montréal

Financement

National Institute of Health

Calendrier prévisionnel

  • Durée prévisionnelle de l’étude : cinq ans.
  • Soumission du projet de recherche au comité d’éthique du Sénégal (Conseil National d’Ethique de la Recherche en Santé - CNERS) : février 2012
  • Enquête qualitative : avril-juin 2012
  • Programmation et test des tablet PC : avril-octobre 2012
  • Enquête test : novembre 2012
  • Enquête principale : janvier-juin 2013
  • Enquête sur la stabilité des réseaux : octobre-novembre 2013
  • Enquête auprès des alters : octobre-novembre 2013
  • Enquête principale 2 : avril-août 2014
  • Restitution des résultats : novembre 2015

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