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5e Journée des Doctorants du LPED, 15-16 décembre 2011

Du 31 décembre 2011 au 5 janvier 2012

Travis Lybbert, économiste à l’Université Davis de Californie, interviendra sur le thème : Les impacts du “boom” de l’huile d’argan sur les ménages
et la forêt de l’arganeraie

Issue des fruits d’un arbre endémique du Sud-Ouest marocain, devenu emblématique de la lutte contre la désertification, l’huile d’argan a bénéficié en 2009 de la première Indication Géographique Protégée et/ou de Provenance (IGP) du continent africain. L’intérêt grandissant pour ce produit « de terroir », ayant valeur de patrimoine collectif à divers titres tout en faisant l’objet d’un important commerce d’exportation, a conduit les autorités marocaines à promouvoir récemment un processus de certification de l’huile.

Denrée prisée des grands cuisiniers, dégustée dans les restaurants gastronomiques de Paris ou de New York, vendue via Internet et sur les marchés « bios » des pays développés, c’est actuellement l’huile alimentaire la plus chère au monde. Incorporée dans des produits, brevetés aux États-Unis ou en Europe, elle est commercialisée sous sa forme cosmétique aux alentours de 160 € le litre d’huile pure.

Depuis plus d’une décennie, l’essor de nouveaux marchés rémunérateurs pour les produits de l’arganier ressemble à une aubaine pour certains acteurs de la filière. Les ONG, les agences internationales et marocaines de développement, mais aussi les coopératives d’huile d’argan (promues par l’Union Européenne et de nombreux autres bailleurs de fonds) ont joué un rôle central dans la construction d’une filière, dont le double objectif est de bénéficier conjointement aux populations locales et à la forêt d’arganiers. L’histoire de l’argan « gagnant-gagnant » semble séduisante, mais est-elle vraie ?

Pour tenter de répondre à cette interrogation, Travis Lybbert nous présentera les résultats d’enquêtes menées auprès d’un échantillon de ménages ruraux de la région de Smimou (proche d’Essaouira), qui ont été réalisées en deux temps : avant et après l’appréciation rapide des prix de l’huile d’argan. Certains ménages ont ainsi bénéficié du développement rapide de cette filière. Ceci se traduit par l’accroissement de la taille de leur cheptel (avec des impacts sur la forêt), ou le fait que ces familles envoient plus facilement leurs filles à l’école. Si les populations locales empêchent toujours leurs chèvres de brouter les arganiers avant la période de récolte des fruits (pratiques d’agdal), elles peuvent également recourir à des techniques plus agressives de collecte des fruits. Avec le « boom » de la filière argan, les ménages ruraux de la région se sont faits les gardiens vigilants du fruit sur l’arbre, mais on n’observe pas de réelles incitations pour investir dans la préservation à plus long terme de l’arbre et de la forêt d’arganiers.

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