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Usages et gestion des ressources naturelles

USAGES

L’axe USAGES du LPED développe ses recherches sur les interactions Nature / Sociétés comme objet fondateur des démarches interdisciplinaires sciences sociales / sciences de la vie. A ce titre, il réunit des chercheurs issus de différentes disciplines (sociologie, géographie, écologie, anthropologie, économie, agronomie). L’objectif scientifique de cet axe est de rendre compte de la complexité des dynamiques socio-environnementales à l’échelle du bassin méditerranéen par une approche intégrée des systèmes socio-écologiques au niveau local.

Responsable de l’axe : Didier GENIN

Axe de travail

Mots-clés : Gestion des ressources naturelles, territoires ruraux, stratégies et acteurs, dynamiques écologiques et sociales, durabilité, gouvernance, biodiversité, savoirs et savoir-faire, Ecologie politique et mouvement social.

Enjeux et objectifs : Une approche intégrée des Systèmes Socio-Écologiques

Projets de recherche de l’Axe

L’axe USAGES regroupe des chercheurs et enseignants chercheurs de plusieurs disciplines (Agronomie, géographie, écologie, économie, sociologie, anthropologie) travaillant de longue date sur les interfaces entre Nature et Société, et en particulier sur les pratiques et usages des systèmes socio-écologiques. La pratique de l’interdisciplinarité remonte à la création du laboratoire sur des programmes similaires menés en Tunisie ou au Maroc (Picouet, Auclair, Baudot, Genin, Romagny, etc.). Cette pratique est d’ailleurs notée comme un point fort de l’axe : « Les programmes et résultats de recherche - concernant principalement les deux rives de la Méditerranée - montrent la cohérence du projet scientifique pluridisciplinaire centré sur l’usage et la gestion des ressources naturelles (eau, forêts, pâturages) ; son originalité et sa pertinence pour analyser et décrypter les dynamiques sociales et environnementales, un des grands enjeux contemporains. »
Les recherches menées au sein d’USAGES s’attachent à mieux cerner en quoi les « nouvelles » approches conduites au nom du développement durable - en termes de « gouvernance », de « patrimonialisation » - influencent les pratiques et stratégies des acteurs observées sur le terrain ; participent à la réorganisation des territoires, mais aussi des bases politiques, sociales, et institutionnelles de la gestion des ressources ; ceci dans le contexte d’une grande profondeur historique des relations entre sociétés et environnement dans le bassin méditerranéen. Un enjeu majeur est de relier, sur le plan conceptuel et méthodologique, les formes locales de gestion des ressources naturelles aux modalités de l’intervention publique et aux jeux d’acteurs sur la scène nationale et internationale.

Cet axe cumule par conséquent une expérience de plus de 25 ans dans le domaine des recherches sur les relations natures/sociétés, sur la gestion des ressources naturelles renouvelables (eau, forêt, pâturage), de la biodiversité, analysant les modalités de cette gestion (modes d’appropriation, pratiques, stratégie des acteurs, savoirs locaux, savoir-faire, représentation, etc.) dans des contextes de mondialisation et de développement durable, dans des espaces ruraux méditerranéens qualifiés de « marginalisés ».
Cette expertise a pris une nouvelle dimension à partir de 2011 avec le montage d’un Laboratoire mixte international basé au Maroc (LMI MediTer), puis avec la réussite du projet Med-Inn-Local (ANR TRANSMED, 2013-2018, environ un million d’euros). Ce LMI et les budgets de recherche acquis témoignent d’une certaine reconnaissance des compétences des membres de l’axe impliqués et de la pertinence des thématiques abordées. Néanmoins, les effets d’entrainement sur la dynamique scientifique collective de l’axe USAGES restent à ce jour relativement modeste.

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Gestion durable des ressources naturelles : pratiques, stratégies et formes de gouvernance

A l’échelle du bassin méditerranéen, les sociétés locales ont promu des formes spécifiques d’exploitation, de partage et de gestion des ressources naturelles (gestion collective de l’eau, agropastoralisme, pratiques sylvicoles) supports de leur développement et qui se révèlent aujourd’hui des garants de la préservation des ressources. Ces territoires ruraux méditerranéens connaissent une forte pression sociale, économique et démographique dans un contexte de transformations institutionnelles et de normalisation des modes de gestion par le biais des démarches de « développement durable » et de « gouvernance ». Les recherches de l’axe Usages s’attachent à rendre compte des interactions entre ces injonctions globales et les dynamiques socio-environnementales observées dans des contextes ruraux très différents, de part et d’autre de la Méditerranée. Il s’agit d’analyser à la fois les stratégies d’adaptation, de résistance des sociétés locales à ces nouveaux cadres de gestion et d’évaluer en retour les impacts écologiques des transformations observées dans l’usage et le partage des ressources.

Environnement et recomposition des savoirs et savoir-faire

Les rapports Nature/sociétés s’inscrivent dans des formes de connaissance socialement et historiquement construites. L’émergence et l’institutionnalisation des notions comme celles de biodiversité et de changement climatique se sont appuyées sur une recomposition des savoirs scientifiques et une redéfinition du rôle assigné aux savoirs locaux, populaires, citoyens dans la gestion des ressources naturelles et la résolution des problèmes environnementaux. Il en résulte une reconfiguration des rapports entre savoirs de sens savants et savoirs de sens communs qui peuvent s’exprimer dans des conflits de pouvoirs, de valeurs, de représentations interrogeant la légitimité des choix et modes de gestion à l’échelle nationale comme locale. Les recherches menées au sein de l’axe Usages visent à rendre compte à la fois des dynamiques propres au champ scientifique, de la façon dont celui-ci intègre les savoirs naturalistes locaux tout en les redéfinissant comme outils de gestion et de conservation. Ce processus se fonde sur le développement d’activités de médiation portées par des corps intermédiaires (ONG, mouvements éducatifs, associations professionnelles) qui jouent un rôle paradoxal assurant à la fois la diffusion et la normalisation des savoirs scientifiques d’un côté, tout en se faisant les porte-parole des populations locales auprès des instances régionales, nationales et internationales. L’axe Usages interroge également la manière dont les politiques publiques d’éducation participent aux processus d’hybridation des savoirs et à leurs diffusions à grandes échelles. Il examine, en outre, le rôle des interactions avec la nature dans la structuration des savoirs.

Constructions patrimoniales et territoires ruraux

La reconnaissance institutionnelle des savoirs et savoir-faire locaux dans la gestion des ressources naturelles en fait de nouveaux objets de conservation par le biais d’un processus de patrimonialisation. Les spécificités locales, les paysages agraires, les produits du terroir, les pratiques traditionnelles deviennent progressivement des symboles de diversité culturelle et biologique, qui à ce titre doivent être protégés et valorisés sur le plan économique. Dans certains pays du sud de la Méditerranée, le Maroc par exemple, la valorisation des patrimoines locaux est aujourd’hui une option stratégique pour le développement des territoires ruraux « marginaux », les régions de montagne et les zones arides en particulier. Les recherches menées visent à produire des connaissances originales sur les processus de mise en « patrimoine » et en « terroir » de ces régions. Pour ce faire, notre démarche privilégie la caractérisation des dynamiques socio-environnementales en milieu rural et l’analyse comparée, à partir d’études de cas, des politiques de valorisation des spécificités locales (huile d’argan, safran, figuier de Barbarie, paysages ruraux, gravures rupestres…). Les suivis de terrain doivent nous permettre de constituer les bases d’un « Observatoire des territoires et du changement rural ».

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