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Usages et gestion des ressources naturelles

USAGES

L’axe USAGES du LPED développe ses recherches sur les interactions Nature / Sociétés comme objet fondateur des démarches interdisciplinaires sciences sociales / sciences de la vie. A ce titre, il réunit des chercheurs issus de différentes disciplines (sociologie, géographie, écologie, anthropologie, économie, agronomie). L’objectif scientifique de cet axe est de rendre compte de la complexité des dynamiques socio-environnementales à l’échelle du bassin méditerranéen par une approche intégrée des systèmes socio-écologiques au niveau local

Responsable de l’axe : Marie Jacqué

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Axe de travail

Mots-clés : Gestion des ressources naturelles, territoires ruraux, stratégies et acteurs, dynamiques écologiques et sociales, durabilité, gouvernance, biodiversité, savoirs et savoir-faire, Ecologie politique et mouvement social.

Projets de recherche de l’Axe

Les relations entre natures et sociétés sont abordées à la fois dans des démarches constructivistes, en tant qu’enjeux sociaux traversés par des stratégies et des conflits, objets de discours et de pratiques socialement construits et idéologiquement situés mais aussi dans des analyses réalistes qui essaient de redonner leur place aux processus naturels dans la construction, l’organisation et la transformation des sociétés locales et des écosystèmes. C’est dans cette approche dynamique et complexe que peuvent prendre sens les pratiques interdisciplinaires de recherches entre les sciences sociales et les sciences de la nature développées au sein du pôle.

Gestion des ressources et des territoires à l’aune des nouveaux enjeux environnementaux

A l’échelle régionale du bassin méditerranéen, l’analyse des dynamiques socio-écologiques en milieu rural doit composer avec la définition à la fois politique et scientifique de nouveaux enjeux environnementaux : protection et conservation de la biodiversité d’une part, lutte contre le changement climatique d’autre part. C’est au nom de ces enjeux que sont mis en oeuvre de nouveaux outils, normes et politiques de gestion des ressources : services écosystémiques, mesures de compensation, politiques d’économies des ressources, etc. Par l’intermédiaire de ces mesures, se divulgue aujourd’hui une pensée globalisante des formes de connaissances sur la nature qui se traduit par une homogénéisation des formes de gestion locales des ressources naturelles. Cependant, au niveau local, subsistent encore des pratiques alternatives en matière de gestion des ressources naturelles, profondément ancrées dans des cultures locales et des savoirs traditionnels, qui sont porteuses d’enseignements riches pour penser des approches alternatives dans un contexte de changements globaux accélérés

La prise en compte de la biodiversité comme nouvelle approche de la gestion des ressources naturelles

La problématique de la gestion des ressources naturelles à l’échelle du bassin méditerranéen s’inscrit aujourd’hui dans des cadres internationaux réactualisés. Les enjeux liés à la conservation de la biodiversité croisent des impératifs de développement inscrits dans les objectifs du Millénaire faisant de l’accès partagés aux ressources naturelles un enjeu prioritaire des politiques menées au nom de ces grands principes. Dans le domaine de la gestion de l’eau, l’intégration européenne des politiques de gestion de la ressource questionne les spécificités locales méditerranéennes de leurs usages. Peut-on encore parler de modèle méditerranéen de gestion de l’eau ? Comment l’application locale des directives internationales compose avec une reconfiguration locale des rapports sociaux ? Comment permet-elle (ou non) une adaptation et une pérennisation de structures traditionnelles de gestion de la ressource ? Quelles sont les nouvelles formes de
gouvernance potentielles ? La gestion des ressources et espaces forestiers représente aussi un terrain privilégié du pôle pour comprendre les interactions entre construction, divulgation des connaissances scientifiques sur la biodiversité, formes de leurs usages et gestion locales. La biodiversité forestière fait l’objet ces dernières années d’un intérêt et investissement scientifique qui met à jour sa spécificité et l’importance de sa conservation. L’approche scientifique contemporaine de la biodiversité forestière s’accompagne d’une réactualisation des principes de gestion devant prévaloir à l’entretien, la conservation et l’exploitation des forêts : conservation d’îlots, continuités écologiques, préservation d’une biodiversité spécifique, étude et préservation des forêts anciennes etc.. Comment ce discours est-il approprié, retravaillé, reconstruit par les acteurs économiques, institutionnels et gestionnaires de la forêt : propriétaires privés, gestionnaires publics, usagers ? Cette requalification de la forêt est-elle l’objet de nouveaux conflits sociaux autour de la nature ?

Ruralités contemporaines

Comment la question environnementale et l’approche écologique de gestion des ressources et des territoires, redéfinissent les catégories rural/urbain. Il est difficile aujourd’hui de délimiter de manière claire, du moins dans les pays du nord de la méditerranée, ce qui relèverait d’un espace qualifié de rural ayant son pendant l’urbain. Les modes de déplacement, les modes de consommation, qu’ils soient alimentaires ou culturels, les formes d’habitat ou encore les espaces
de socialisation associatifs (sport, parents d’élèves, culturels,…) sont souvent très proches. Les espaces qualifiés précédemment de ruraux sont de plus en plus dénommés sous différentes appellations telles qu’espace rurbain ou périurbain. Et pourtant, les catégories rural/urbain fonctionnent encore aujourd’hui comme mode opératoire socialement partagé pour délimiter une différentiation entre différentes communautés.

Gestion des communs pastoraux au Nord et au Sud de la Méditerranée

Dans le cadre du programme européen ITN (International Training Network) à re-présenter en 2018, un projet de recherche et de formation MED-COM-HER (Mediterranean ICCAs, Indigenous Community Conserved Areas and processes of Heritization) original a été élaboré en mettant en réseau un pool de Doctorants et Post-Doctorants de différentes disciplines des sciences sociales et de la Nature pour identifier et documenter le fonctionnement des ICCAs et leurs potentiels intérêts pour envisager une trame de milieux pastoraux protégés, par la mise en avant des savoirs et des patrimoines socio-écologiques croisés développés au cours du temps par des sociétés pastorales locales (Pyrénées, montagnes bétiques, Haut Atlas, montagnes de Madonie et Apennins).

Investissement utopiste de la question écologique : nouveaux discours, nouvelles pratiques

Les dix dernières années, ont été marquées par une intégration institutionnelle et idéologique de la question environnementale et des enjeux écologiques, mais ont aussi vu l’émergence de nouvelles formes de contestation visibles en particulier sur les projets d’aménagement (barrages, aéroports, projets autoroutiers,…), mais aussi des formes de résistance moins spectaculaires en lien avec des transformations des modes de vie, de consommation, d’habitat,…

Les projets à l’interface entre le pôle USAGES et le LMI MediTer

La reconnaissance institutionnelle des savoirs et savoir-faire locaux dans la gestion des ressources naturelles en fait de nouveaux objets de conservation par le biais d’un processus de patrimonialisation. Les spécificités locales, les paysages agraires, les produits du terroir, les pratiques traditionnelles deviennent progressivement des symboles de diversité culturelle et biologique, qui à ce titre doivent être protégés et valorisés sur le plan économique. Dans certains pays du sud de la Méditerranée, le Maroc par exemple, la valorisation des patrimoines locaux est aujourd’hui une option stratégique pour le développement des territoires ruraux « marginaux », les régions de montagne et les zones arides en particulier. Les recherches menées visent à produire des connaissances originales sur les processus de mise en « patrimoine » et en « terroir » de ces régions. Pour ce faire, notre démarche privilégie la caractérisation des dynamiques socio-environnementales en milieu rural et l’analyse comparée, à partir d’études de cas, des politiques de valorisation des spécificités locales (huile d’argan, safran, figuier de Barbarie, paysages ruraux, gravures rupestres…). Les suivis de terrain doivent nous permettre de constituer les bases d’un « Observatoire des territoires et du changement rural ».

[en]

Summary

The Usages Team has developed an interdisciplinary approach to relationships between local societies and their environment, mainly in the Mediterranean area.

Head of Program : Marie JACQUÉ

Multidisciplinary approach to social and environmental dynamics in the Mediterranean region

The USAGES team includes researchers and lecturer-researchers from varied disciplinary backgrounds such as agronomy, ecology, economics, geography and sociology. This wide range allows for examining the general issue of society-environment interactions through the lens of theoretical and methodological approaches specific to each discipline and integrative thinking.

Study areas are located both in Mediterranean Europe and the Maghreb countries. The transformation processes of space, natural resources and biodiversity in close relation with social dynamics can be approached from different contexts in the cultural, economic, social and political domains.

This team’s research addresses the diversity of socio-environment dynamics currently observed on both sides of the Mediterranean Sea. These studies place these dynamics in the context of homogenizing trends and demonstration of global thinking—sustainable development, issues on ecological and social inequalities and implementation of new kinds of governance and citizenship. Using cross-cutting questions, our research examines these concepts predominantly established as public policies.

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