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Les anniversaires du LPED

Les 25 et 30 ans du LPED

Rappel historique de la création du L.P.E.

Dominique BONAVITA

22 janvier 2015

Durant l’année 1983, la France s’était engagée dans une coopération active au Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE). Plusieurs groupes furent composés, formés de spécialistes, et chargés de fournir des pistes à l’Élysée pour les futures conférences internationales. Je faisais partie de l’un d’entre eux, présidé par la sénatrice de Paris : Cécile Goldet. Nous nous sommes réunis tous les mardis pendant un an au Ministère de la Coopération. Plusieurs chercheurs de l’ORSTOM y siégeaient.

C’est au cours de ces séances de travail que l’idée de la création d’un enseignement de troisième cycle s’est faite jour. Seul universitaire u groupe, je fus chargé d’élaborer un projet de formation troisième cycle pour lequel je choisis le nom de « Population-Environnement ». Pour cela, il fallait une structure d’accueil.
C’est ainsi que naquit LPE. Ce labo, squelettique (B. Brun, L. Grillet et moi-même) ne possédait, et de loin, ni la masse professorale critique, ni la gamme de compétences scientifiques indispensable. Je réunissais assez facilement une équipe d’enseignants chercheurs des universités d’Aix - Marseille et un géographe de la santé, Directeur de Recherches à l’EHESS de la Vieille Charité. Pierre Canterelle, qui faisait partie du groupe de travail, hésita à se délocaliser et me mis en contact avec André Podlewski, basé à Montpellier qui accepta très aimablement de tenter l’aventure. Enfin, je complétais le groupe professoral par un urbaniste africain, enseignant à l’École d’Architecture de Marseille. Alors que le projet prenait corps, je reçus un coup de téléphone de Guy Pouzard, ancien président de l’Université de Provence et promu au cabinet du ministère de l’E.N. En substance il me déclara ; : « Ton projet, c’est OK, à la condition que tu nommes ’politiques démographiques dans les PVD’ ». Qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse ! Je voulais trois choses : après une mise à niveau méthodologique dans chaque discipline mise au programme, je voulais cibler une zone précise en Afrique sub-saharienne (que je commençais à bien connaître et qui posait de graves problèmes). Je voulais aussi que les enseignements se complètent, s’interpénètrent (enseignement transdisciplinaire) afin que les étudiants puissent mieux appréhender les problèmes sous toutes leurs facettes, dans leurs interactions et leur complexité. Je recrutais d’ailleurs des étudiants d’origines géographiques et disciplinaires variées. Ainsi, anglais et canadien côtoyaient malgache, gabonais, burkinabé, ou malien...
L’expérience du médecin ou du sociologue, celle du géographe et de l’économiste enrichissaient les discussions au cours des T.D. L’expérience fut un succès car tous les étudiants trouvèrent une voie. Certains même accédèrent à des postes de responsabilité internationale (Banque Mondiale, Ford Fondation, Helvétas, UNICEF, Direction de Conservatoire du Littoral, ...).

C’est au début de 1985 que trois Orstomiens (Michel Picouet, Jacques Champaud et Hervé Domenach) suivis bientôt par Pierre Vimard, vinrent apporter leurs grandes compétences et un soutien logistique considérable.

En 1985, je conçus et obtins du FED un projet de recherche « la régulation de la fécondité au Mali dans le cadre des politiques alimentaires au Mali ». Ce projet basé à l’Institut National de la Recherche en Santé Publique et en coopération avec la PMI malienne permit à notre équipe (B. Brun, J. Champaud, H. Domenach, M. Picouet et Nicola Jones, socio-politologue assistante britannique associée) de travailler ensemble et de tisser des liens de véritable amitié.

Peu à peu, au LPE, s’agrégèrent de nombreux Orstomiens et quelques enseignants-chercheurs en sciences humaines de l’Université de Provence.

En 1987, malgré des résultats remarquables, le DESS ne fut pas reconduit. Les raisons restent floues et je n’ai aucune preuve véritable des causes de ce refus. C’est alors que j’ai proposé au Secrétariat d’État de la Coopération de créer un DEA « Population - Environnement » au Mali, pays demandeur. J’obtins mon détachement de l’E.N. à la Coopération et c’est ainsi qu’en 1989 le Labo et le DEA « Population-Environnement » virent le jour à l’Institut Supérieur de Formation et de Recherches Appliquées de Bamako. Inutile de dire que tous les amis du LPE de Marseille se succédèrent pour enrichir le corps professoral malien. Rapidement, deux filières se créèrent : l’une basée sur l’étude des problèmes ruraux, organisée autour d’un projet du Fond Européen de la Recherche que j’avais obtenu pour l’étude des « conséquences socio-économiques et agro-pastorales de la mise en eau du barrage de Manantali », l’autre animée par J. Champaud et C. de Miras se consacra aux problèmes urbains, créant une petite structure pérenne EVIMA (toujours active aujourd’hui). Pendant deux ans, P. Baudot vint en détachement renforcer l’équipe du LPE malien. C. Henry, E. Poncet et C. Faye (IRD) enrichirent l’équipe enseignante.

Je citerai aussi l’appui technique fourni par Jean-Marc Landais, VSN, affecté à « Population-Environnement » par l’Ambassade de France au Mali.

Pour moi, l’aventure s’est terminée en Juillet 1999. De jeunes chercheurs talentueux se sont chargés d’écrire la suite de l’épopée du LPED.

Avant de conclure, je voudrais émettre une suggestion, un souhait car LPED est une structure mixte implantée dans un cadre universitaire : plus que jamais les PVD auront besoin de spécialistes de haut niveau en matière de développement (dans son acceptation la plus large). Un enseignement doctoral aurait parfaitement sa place au LPED. Par ailleurs la présence d’une formation doctorale présente deux avantages : la création d’un vivier de jeunes chercheurs initiés à la transdisciplinarité et également le décloisonnement de leur spécialité des différents chercheurs en poste (à condition qu’ils acceptent de donner un peu de leur temps à un projet pédagogique commun pour transmettre leur savoir et leur expérience).

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